Cancer du sein : le combat d'Annie pour une rémission inespérée

Cancer du sein : le combat d'Annie pour une rémission inespérée

"J'espère que c'est ma fin heureuse" — Annie, maman après un cancer du sein

Rapatriée en urgence au Royaume-Uni, opérée du cerveau, l'ancienne généraliste de Manchester a enchaîné plusieurs récidives — dont une maladie leptoméningée. Elle fête aujourd'hui un scanner complet sans trace de la maladie.

Le jour où le corps a parlé, à 35 semaines

C'était pendant les vacances, en France. Annie se sent soudain mal. Le couple écourte le séjour, rentre au Royaume-Uni, Annie est admise à l'hôpital. Les médecins découvrent une tumeur de 3,5 cm à l'arrière du cerveau et une trace au poumon gauche.

Une césarienne en urgence est pratiquée. Leur fils naît ce jour-là. Puis une opération de sept heures pour retirer la tumeur cérébrale, et la radiothérapie commence.

« J'étais très malade après, et j'ai dormi la plupart de la journée pendant des semaines », dit Annie. Son mari Daniel, 38 ans, prend un congé pour s'occuper d'elle et du nouveau-né.

PARTNER, LION, et la rechute

Pendant le traitement, Annie prend part à l'essai PARTNER, soutenu par Cancer Research UK, qui associe une thérapie ciblée à la chimiothérapie. Elle reçoit aussi une immunothérapie dite « pionnière » dans le cadre de l'essai LION, piloté par les chercheurs du Cancer Research UK Manchester Institute et du The Christie NHS Foundation Trust.

La rémission revient. Annie reprend le travail. Mais à la fin de l'année dernière, le cancer revient — foie et cerveau. S'y ajoute un diagnostic de maladie leptoméningée, où des cellules cancéreuses se diffusent dans les tissus et le liquide autour du cerveau et de la moelle épinière.

Annie subit l'ablation de la moitié du foie, puis une chimiothérapie, et prend sa retraite médicale.

Ce qu'elle dit, ce qu'elle fait, ce que sa trajectoire laisse

Le scanner complet revient sans trace de cancer. Annie le dit simplement: « Je ne pensais pas qu'il était possible de n'avoir aucun signe de cancer après un diagnostic de maladie leptoméningée. L'espérance de vie moyenne peut être de quelques mois, alors j'espère que je peux enfin avoir ma fin heureuse. »

Le suivi, désormais: « Je fais des scanners tous les trois mois, et nous refaisons des projets, réservons des voyages, profitons d'expériences en famille. »

Et ce qu'elle retient, à voix haute: « Vivre un cancer vous apprend à quel point la vie est précieuse. Aucun de nous ne sait ce qui l'attend, mais après avoir été diagnostiquée plusieurs fois, on reste constamment conscient de sa propre mortalité. C'est pourquoi je veux profiter au maximum de chaque jour. »

Trois fils émergent de son parcours, à reprendre avec votre équipe soignante.

La préservation de la fertilité avant traitement. Annie avait congelé ses ovocytes avant sa première ligne de soins, après avoir été prévenue que la fertilité pourrait être affectée. « Nous avions prévu d'attendre au moins cinq ans avant d'envisager d'utiliser les ovocytes congelés, parce qu'on nous avait dit que c'était la période où le cancer était le plus susceptible de revenir », a-t-elle expliqué. Sa grossesse de 2024 est arrivée naturellement, en dehors de ce calendrier. À discuter avec votre oncologue avant le début du traitement, pas après.

L'accès aux essais cliniques. PARTNER et LION ont été cités par Annie comme des éléments-clés de sa prise en charge. Deux questions à poser à votre oncologue: quels essais sont ouverts dans votre centre aujourd'hui, et à quel moment du parcours ces essais peuvent être intégrés.

Le suivi après rémission. Annie vit aujourd'hui avec un scanner complet tous les trois mois, après une maladie leptoméningée dont l'espérance de vie peut se compter en mois. La régularité du suivi n'est pas un détail — c'est ce qui rend la suite possible.