Dix ans qu'elle vit avec un cancer du sein métastatique — diagnostiquée en 2008, métastases osseuses en 2015, stabilité sous traitement depuis six ans. Soutenu par l'ICO et la radio JetFM, ce média entend faire entendre ce que le grand public n'écoute presque jamais: le quotidien d'une maladie que l'on ne guérit pas, mais avec laquelle on apprend à cohabiter.
Un espace sans fard
« Sur Les Chroniques Métastatiques, nous parlons du quotidien des patientes atteintes d'un cancer du sein métastatique. S'il ne se guérit pas, il est possible de cohabiter, plus ou moins bien, avec lui. » Claire Jacob pose le cadre dès les premières minutes. La peur, l'espoir, la fatigue, la colère — et la joie d'une vie qui se réinvente. « Nous demeurons avant tout femmes, mères, amantes, compagnes, filles, sœurs, amies, ou encore collègues », rappelle-t-elle.
Chaque épisode explore ce qui se joue dans le silence des couloirs d'hôpital et des dîners en famille. Des voix, des dates, des traitements qui ralentissent la progression. La maladie devenue chronique impose ses propres saisons — et ce podcast choisit de les nommer.
Une maladie que l'on regarde rarement en face
Le cancer du sein métastatique — ou de stade IV — se caractérise par la propagation de cellules cancéreuses vers d'autres organes: le plus souvent les os, le foie, les poumons ou le cerveau. Le risque de récidive sous cette forme est estimé à 20 % pour les cancers du sein dits hormono-dépendants. Si la guérison définitive n'est pas encore possible, les traitements actuels visent à contrôler la maladie et offrent aux patientes des périodes de stabilité qui peuvent durer plusieurs années.
Claire Jacob suit, elle, un traitement qui stabilise sa maladie depuis six ans. Dix ans de cohabitation. Le chiffre parle.
Ce que l'on peut faire, dès maintenant
Écouter, d'abord. Le podcast cherche à créer une communauté de patientes, de proches et de soignants prêts à partager leur expérience — une porte ouverte pour celles qui se sentent seules face à l'après-diagnostic. S'informer, ensuite: le rôle de « patiente partenaire », reconnu par la Haute Autorité de Santé, permet à des femmes comme Claire de faire le pont entre l'expérience vécue et les équipes médicales, y compris dans des projets de recherche. Si l'on est soi-même concernée, savoir que des dispositifs d'écoute comme « Les Chroniques Métastatiques » existent déjà pour rompre l'isolement.
Reste une adresse directe aux campagnes d'Octobre Rose. « Nous sommes une population peu visible. Une seule journée est consacrée à la version métastatique du cancer du sein lors d'Octobre Rose. C'est très parlant. » Une ironie lucide, à l'attention de toutes celles — et tous ceux — qui refusent que le combat reste cantonné à un seul mois dans l'année.

