Au même moment, les résultats de l'essai OPTIMA, présentés au congrès 2026 de l'ASCO, suggèrent qu'une partie des patientes pourraient se passer de chimiothérapie grâce à un test génomique — sans perte de survie. Pour les lectrices qui avancent dans un parcours de soins, deux nouvelles qui rebattent les cartes du « tout protocole ».
Ce que la revue change, vraiment
La publication de JAMA Oncology passe au crible les données existantes sur la chimiothérapie, les traitements désescaladés et les thérapies ciblées chez les personnes âgées. Elle ne se contente pas de dresser un état des lieux: elle propose des outils pour limiter le surtraitement, intégrer la toxicité potentielle et mieux prendre en compte les besoins de soins de support. L'âge cesse d'être un argument isolé — ni pour imposer, ni pour renoncer.
Pour une patiente de 75 ou 80 ans, cela ouvre la consultation d'onogériatrie sur des critères partagés: espérance de vie, comorbidités, fragilité, mais aussi priorités propres. Garder son autonomie. Éviter les hospitalisations à répétition. Préserver une vie sociale, des repas partagés, des petits-enfants portés dans les bras. Tout cela pèse dans la balance, désormais.
OPTIMA: la chimio n'est plus automatique
Présentés à l'ASCO 2026 par le Dr Robert Stein, d'University College London Hospitals, les résultats de l'essai de phase III OPTIMA concernent les cancers du sein précoces, ER positifs et HER2 négatifs. Le test Prosigna, fondé sur l'expression de cinquante gènes, a permis d'identifier un groupe représentant environ deux tiers des patientes chez qui la chimiothérapie adjuvante n'apporte qu'un bénéfice très modeste. Pour le Dr Stein, qui présentait ces données, la chimiothérapie éviterait au mieux deux récidives pour cent patientes traitées.
Concrètement, après un suivi médian de quatre ans, la survie sans cancer invasif à cinq ans était de 91,8 % dans le bras chimio-hormonothérapie standard contre 90,3 % dans le bras guidé par le score de risque génomique — une différence jugée non inférieure selon les critères statistiques prédéfinis. Ces constats se vérifiaient aussi chez les femmes non ménopausées de 40 ans et plus, chez celles ayant jusqu'à neuf ganglions positifs et dans les stades IIIa, des situations où le test génomique n'était pas encore entré dans les recommandations.
Demain, en consultation
Trois gestes à glisser dans la prochaine conversation médicale, sans déranger le médecin — au contraire:
- Demander si le profil tumoral — ER, HER2, et éventuellement un score génomique — a été établi ou peut l'être, surtout quand une chimiothérapie est proposée « par précaution ».
- Solliciter une évaluation gériatrique approfondie avant toute décision lourde: elle pèse le risque de toxicité au regard de la vie quotidienne, pas seulement de la tumeur.
- Poser la question des soins de support — nutrition, activité physique adaptée, soutien psychologique, accompagnement social — comme d'une partie intégrante du traitement, et non d'un complément facultatif.
Ces avancées ne suppriment pas l'incertitude. Elles élargissent l'espace de la décision partagée, pour que le protocole épouse la personne — et non l'inverse.

