Ce qu'il faut prévoir avant la première cure de chimio : le guide pratique de Pernelle

Ce qu'il faut prévoir avant la première cure de chimio : le guide pratique de Pernelle

Entre l'annonce du protocole, les rendez-vous médicaux qui s'enchaînent et la tempête émotionnelle qui vous habite, il reste pourtant toute une logistique à mettre en place. Car la chimio, au-delà du choc psychologique, c'est aussi un corps à préparer, à protéger, à chouchouter. Voici donc quelques conseils pratiques glanés ici et là par une femme qui est passée par là, partagés dans l'espoir qu'ils vous rendront la traversée un peu plus douce. Ces recommandations, rédigées à l'origine en juillet 2010, gardent aujourd'hui encore toute leur pertinence pour quiconque s'apprête à franchir ce pas.

Le bilan cardiaque préalable: un passage souvent sous-estimé

Avant la première perfusion, votre équipe soignante programmera normalement un bilan cardiaque complet. Cette précaution peut sembler superflue aux yeux des patientes qui n'ont jamais eu le moindre souci de cœur, mais elle est pourtant essentielle. Plusieurs protocoles de chimiothérapie affichent en effet une toxicité cardiaque avérée. Disposer de mesures de référence permet ensuite, cure après cure, de comparer l'évolution de votre fonction cardiaque. Sans ce point de départ, il devient difficile d'adapter les doses ou de modifier le protocole si le besoin s'en faisait sentir.

Le patch EMLA: un allié précieux pour le branchement

Si votre oncologue vous le prescrit, procurez-vous en pharmacie un patch EMLA, uniquement délivrable sur ordonnance. Son rôle est d'anesthésier localement la peau qui recouvre votre chambre implantable, rendant ainsi la piqûre de l'aiguille nettement moins douloureuse. L'astuce consiste à l'appliquer environ une heure et demie avant l'heure prévue de votre séance, le temps que le produit pénètre bien. Les patientes qui l'utilisent dès la première cure témoignent souvent d'une appréhension bien moindre au moment du branchement.

Prévenir les aphtes et les mucites avant qu'ils ne s'installent

Les muqueuses de la bouche figurent parmi les premières victimes des traitements chimiothérapiques. Demandez à votre oncologue qu'il vous prescrive, dès le départ, des bains de bouche adaptés. Le principe est simple: mieux vaut prévenir que guérir. N'attendez pas que les aphtes ou les mucites se déclarent pour commencer à les utiliser, car une fois installés, ces petits bobos deviennent vite très pénibles à supporter au quotidien.

Nausées: s'armer d'anti-vomitifs et de bracelets antimotion

Pour les nausées, votre médecin vous prescrira en principe des médicaments antiémétiques à prendre au moment de la cure. Les protocoles incluent souvent des molécules de type Emend ou Zofran pendant la perfusion, complétées ensuite par du Vogalène ou du Desmopar à utiliser à la demande. Attention toutefois: la prescription d'Emend ne couvre en général que trois jours. Si vos nausées persistent au-delà, n'hésitez pas à réclamer une rallonge d'anti-vomitifs à votre équipe. En complément, les petits bracelets antimotion vendus librement en pharmacie peuvent apporter un soulagement supplémentaire à certaines patientes, en activant les points d'acupression du poignet.

Anticiper les douleurs avec un antalgique puissant

Les douleurs liées à la chimiothérapie n'ont pas toujours le bon goût de respecter les week-ends ni les jours fériés. Il est donc vivement conseillé de prévoir, en accord avec votre médecin, un antalgique suffisamment puissant pour faire face aux coups durs: patch de morphine, opioïde, codéine, selon votre tolérance et la prescription médicale. Avoir ce type de médicament sous la main vous évitera de courir en urgence à la pharmacie un dimanche soir, quand la plupart des officines sont fermées.

Prendre soin de ses ongles avant, pendant et après les cures

Vos ongles méritent une attention toute particulière. Crème nourrissante, onguent, huile: équipez-vous dès le départ pour les bichonner. Sans précautions, ils peuvent jaunir, se fendiller, se casser, se décoller et finir par tomber. Si le Taxotère est régulièrement mis en cause sur ce sujet, on incrimine beaucoup moins le FEC100, alors qu'il peut pourtant provoquer exactement les mêmes dégâts sur vos précieuses griffes. Continuez à prendre soin de vos ongles de la sorte au moins trois mois après votre dernière cure, car la période de récupération des tissus est souvent plus longue qu'on ne le croit.

Un passage obligé chez le dentiste avant de démarrer

Avant le début des cures, prenez rendez-vous chez votre dentiste pour un check-up complet. Toutes les caries doivent être soignées et un détartrage minutieux est recommandé. En cours de chimiothérapie, les soins dentaires deviennent en effet très délicats à réaliser, nos défenses immunitaires étant fragilisées par les traitements. Certaines chimios entraînent par ailleurs une raréfaction de la salive, pourtant indispensable à une bonne hygiène buccale naturelle. Vous voilà prévenue: redoublez de vigilance et équipez-vous d'un dentifrice doux ainsi que de brosses à dents souples pour le temps des cures.

Adapter son alimentation pour éviter les soucis de transit

Pensez à ajuster votre alimentation deux jours avant chaque cure. Les protocoles contiennent très souvent de la cortisone, qui peut provoquer une constipation sévère, avec son lot de désagréments: hémorroïdes, fissures anales, douleurs abdominales. Pruneaux, fruits, légumes verts, fibres de toutes sortes: misez sur ces alliés. Et glissez dans votre pharmacie un laxatif doux de type Forlax ou équivalent, pour pouvoir réagir rapidement si le seul régime alimentaire ne suffisait pas.

Chouchouter sa peau avec des produits doux

La sécheresse cutanée est un grand classique des chimios. Équipez-vous de crèmes lavantes douces et bannissez, de manière générale, tout produit agressif pour votre peau. Huiles végétales, crèmes hydratantes les plus naturelles possible: c'est le moment d'en user et d'en abuser sans culpabiliser, votre peau vous en sera reconnaissante.

Les substituts de repas: une soupape bienvenue en cas de perte d'appétit

Demandez à votre médecin qu'il vous prescrive des substituts de repas pour les deux jours qui entourent chaque cure. Il arrive en effet que la nourriture, passagèrement, ne soit plus du tout votre amie. Quand les repas redeviennent une corvée plutôt qu'un plaisir, ces petites bouteilles achetées en pharmacie, assez bien remboursées lorsqu'elles sont prescrites, peuvent assurer à votre organisme le carburant dont il a besoin pour tenir debout.

Bien s'hydrater avant, pendant et après la séance

Pensez enfin à boire régulièrement, et ce avant, pendant et après votre cure. Une précaution toute simple mais souvent oubliée: évitez les eaux trop salées, car certaines chimios induisent une rétention d'eau dont vous vous passeriez bien.

Conclusion

Démarrer une chimiothérapie ne s'improvise pas. Au-delà des émotions qui vous submergent, c'est aussi une véritable organisation pratique à mettre en place. En prévoyant tous ces petits détails en amont, vous rendrez les semaines à venir bien plus supportables, pour vous comme pour vos proches. Chaque précaution prise aujourd'hui est une victoire tranquille sur les lendemains difficiles. Et n'oubliez jamais: derrière chaque femme qui a traversé ces cures, il y a une autre femme qui peut à son tour transmettre ses astuces. C'est tout l'esprit de ce blog.