Tatouage aréolaire après une mastectomie : un geste pour se réapproprier son corps

Tatouage aréolaire après une mastectomie : un geste pour se réapproprier son corps

Au bout du chemin, le trait qui rend le corps à la femme

Pour les patientes qui y accèdent, ce geste vient souvent clore un long parcours.

Ce qui change concrètement

L'unité de sein de l'hôpital forme désormais des infirmières spécialisées pour réaliser ces tatouages aux côtés des chirurgiens. L'objectif: augmenter le nombre de créneaux dans les cliniques bimestrielles, où plus de 70 tatouages sont déjà réalisés chaque année. Le service existe depuis 2019; il s'élargit pour que davantage de patientes puissent y accéder sans rallonger l'attente.

Annette Trengove, infirmière référente de la Breast Unit, fait partie des soignantes récemment formées et reçoit déjà des patientes. Elle résume la philosophie d'équipe en une phrase: « Nous accompagnons les femmes à chaque étape de leur parcours contre le cancer du sein, et recevoir un tatouage du mamelon apporte un sentiment d'achèvement de leur parcours. » Elle ajoute: « Vivre un cancer du sein peut être l'une des périodes les plus difficiles de la vie de quelqu'un, et c'est un privilège pour moi de pouvoir créer des tatouages pour aider encore plus de nos dames à se sentir plus confiantes. »

Ce que ce geste change pour les femmes

Pour beaucoup de patientes, ce moment n'est pas un détail. Panos Pikoulas, chirurgien oncoplasticien au Bolton NHS Foundation Trust, le constate au quotidien: « Chaque dame qui passe par notre unité et subit une mastectomie puis une reconstruction mammaire se verra proposer un tatouage, lorsque cela est cliniquement sûr. » Et de préciser: « Les tatouages ont un impact considérable sur l'amélioration du bien-être et de l'image corporelle, et sont souvent la dernière étape de la reconstruction mammaire. »

Une patiente interrogée par le Bolton News résume ce que beaucoup expriment en silence après l'opération: « Je me sens et je ressemble à moi-même, je ne pourrais pas être plus heureuse de mon traitement. » Elle ajoute, pour qualifier le dispositif: « Bolton accompagne vraiment les dames qui ont subi une chirurgie avec ce traitement incroyable qui change la vie. »

Les pigments et les ombrages sont choisis avec chaque patiente. Cette personnalisation n'est pas un confort supplémentaire: c'est ce qui permet au reflet de redevenir pleinement le leur.

Ce que ce type d'initiative dit du paysage plus large

D'autres actions relayées ces derniers jours vont dans le même sens — accompagner les femmes du dépistage jusqu'à l'après-traitement. Aux États-Unis, le système MUSC Health-Orangeburg a lancé une unité mobile de mammographie pour rapprocher le dépistage des populations qui en sont éloignées, selon les informations publiées.

En parallèle, des parcours individuels continuent d'être racontés par la presse. C'est le cas du témoignage de Kasie Nunez, repris dans la presse américaine, qui condense en une phrase ce que beaucoup de femmes expriment à leur manière: être encore là, maintenant.

Ce que vous pouvez faire concrètement

Quelques pistes pour transformer cette information en démarche utile, sans attendre qu'un tel service existe près de chez vous:

  • Demander à votre chirurgien ou à votre équipe de reconstruction si un tatouage aréolaire est envisagé dans votre parcours, et à quel moment il peut intervenir.
  • Vérifier auprès de votre établissement, de votre association de patientes ou de votre réseau de soins s'il existe un service spécialisé en France ou, à défaut, un professionnel formé au tatouage post-mastectomie.
  • Pour le dépistage, se renseigner sur les unités mobiles ou les créneaux dédiés accessibles dans votre département ou votre région.
  • Si vous avez déjà traversé cette étape, garder une trace — une photo, une note datée, un échange — qui pourra, le jour où vous voudrez témoigner à votre tour, servir de point de départ.