D'après un reportage publié par la BBC ce week-end, l'association britannique Menopause and Cancer a lancé une campagne baptisée « Call for Change » pour que la ménopause déclenchée par les traitements oncologiques soit reconnue comme un effet à part entière des soins — et surtout, qu'un accompagnement structuré l'accompagne. Pour les femmes touchées par un cancer du sein hormonodépendant, la question n'est pas un détail technique: elle touche directement à la vie quotidienne, à l'intimité et à la manière dont on traverse les années qui suivent le diagnostic.
Ce que demandent les patientes
L'association réclame une information plus claire, donnée en amont, sur les risques de ménopause précoce et d'insuffisance ovarienne induits par les traitements. Le Département de la Santé britannique a indiqué que le futur Plan national contre le cancer prévoirait un suivi personnalisé intégrant ces effets à long terme, la ménopause y compris. La campagne a été lancée vendredi dernier.
Ce que cela signifie concrètement
Deux voix émergent dans le reportage et méritent d'être entendues. Grace Warden, 31 ans, atteinte d'un cancer du sein de stade 4 diagnostiqué en septembre 2024, raconte avoir été plongée en ménopause en mai 2025: son cancer étant nourri par les œstrogènes et la progestérone, l'équipe médicale a dû supprimer ces hormones pour contenir la maladie. Elle confie avoir reçu peu de repères pour gérer la suite, et s'être sentie livrée à elle-même. Laura Woods, 41 ans, passée par la même épreuve après un traitement contre un cancer du col de l'utérus à 30 ans, décrit une transition brutale — brouillard cérébral, bouffées de chaleur, sécheresse intime, baisse de libido — survenue après un simple échange de quelques minutes en hôpital. Elle accompagne aujourd'hui d'autres femmes via le Daisy Network, une organisation dédiée à l'insuffisance ovarienne prématurée.
Ce que nous pouvons en retenir
Si vous traversez un parcours de soins ou accompagnez une proche, ce sujet mérite d'être posé en consultation, même brièvement: quels sont les risques hormonaux liés au protocole envisagé, et quel suivi est prévu une fois les traitements actifs terminés? Les chiffres rappelés par Cancer Research UK — environ 2 400 nouveaux cas de cancer chez les jeunes chaque année au Royaume-Uni — donnent une idée de l'ampleur du phénomène, même si ces données restent britanniques. Au-delà des frontières, le message se transmet: la ménopause induite n'est pas un effet secondaire secondaire. C'est une étape qui demande à être nommée, anticipée et accompagnée, pour que le temps de la convalescence ne devienne pas un temps d'isolement.

