Hormonothérapie après un cancer du sein : comprendre, écouter les effets secondaires et rester vigilante

Hormonothérapie après un cancer du sein : comprendre, écouter les effets secondaires et rester vigilante

Malgré son nom, il ne s’agit pas d’un traitement hormonal: son objectif est au contraire de bloquer ou de limiter l’action de certaines hormones.

Ce traitement s’inscrit dans la durée et peut soulever de nombreuses questions. Son bénéfice attendu doit être mis en regard de ses effets indésirables, qui varient selon la molécule et selon chaque personne. Aucune gêne ne devrait être minimisée, surtout lorsqu’elle finit par peser lourdement sur la vie quotidienne.

Quels traitements selon la situation hormonale?

Dans les informations réunies en 2013, les traitements évoqués différaient selon que la patiente était ménopausée ou non:

  • après la ménopause, il pouvait être proposé un inhibiteur de l’aromatase, comme l’Arimidex®, le Femara® ou l’Aromasine®;
  • avant la ménopause, le traitement reposait le plus souvent sur un anti-œstrogène, notamment le tamoxifène;
  • selon l’âge, les souhaits de la personne et la situation médicale, un médicament analogue de la LHRH pouvait éventuellement être associé. Le texte le décrit comme une castration chimique réversible;
  • une ovariectomie pouvait également être envisagée. Elle est présentée comme une castration physique irréversible.

Pour les aspects pratiques et les nombreuses interrogations que peut susciter cette thérapeutique, le texte initial renvoyait vers un dossier consacré à l’hormonothérapie par Europa Donna. Ces informations et les pratiques médicales pouvant évoluer, les choix de traitement doivent être discutés avec l’équipe qui suit la personne.

Un traitement destiné à réduire le risque de récidive

L’hormonothérapie est administrée parce que de nombreuses études randomisées, telles qu’elles étaient citées dans l’article de 2013, montraient une diminution sensible du risque d’une éventuelle récidive. Ce bénéfice explique la place de ce traitement dans le parcours de certaines patientes.

Il ne signifie toutefois pas que l’hormonothérapie fonctionne de la même manière pour tout le monde. Certaines femmes n’y répondent pas, ce qui peut expliquer la survenue d’une récidive malgré la prise régulière du traitement. Il existait alors des tests destinés à essayer de déterminer si une personne répondrait favorablement à l’hormonothérapie. Mais, au moment de la publication initiale, les études consacrées à leur efficacité étaient jugées controversées et ces tests n’étaient pas pratiqués en France.

La prise d’un traitement ne constitue donc jamais une garantie absolue. Elle correspond à une stratégie visant à diminuer un risque, dans un contexte individuel qui doit être évalué par les médecins.

Des effets secondaires parfois difficiles à supporter

Dans l’ensemble, ces traitements étaient décrits comme assez bien tolérés. Pourtant, certaines femmes cumulent des effets secondaires fréquents, moins fréquents ou plus rares. Leur intensité peut également varier: une gêne supportable pour l’une peut devenir très invalidante pour une autre.

Au début du traitement, les effets indésirables peuvent être plus marqués. Ils peuvent aussi s’ajouter à des séquelles ou à des douleurs qui persistent après la chimiothérapie. Cette accumulation rend parfois difficile l’identification de ce qui relève de chaque traitement, tout en accentuant la fatigue et le découragement.

L’oncologue doit pouvoir entendre ces difficultés et aider à les atténuer dans la mesure de ses possibilités. Selon la situation, il peut proposer de changer de molécule ou recommander l’arrêt du traitement si la qualité de vie est trop fortement altérée. Le texte d’origine invitait toutefois les patientes, lorsque leur seuil de tolérance le permettait, à essayer de tenir quelques mois: les effets secondaires peuvent être particulièrement présents au commencement et évoluer ensuite.

Cette recommandation ne doit pas conduire à supporter seule une souffrance importante. Le bénéfice attendu de l’hormonothérapie n’annule pas les nuisances qu’elle peut provoquer. Reconnaître les deux réalités est indispensable pour prendre une décision réellement attentive à la personne.

Prendre les plaintes au sérieux

L’article initial était né d’une exaspération face au nombre de médecins qui, selon l’autrice, ne prenaient pas suffisamment au sérieux les manifestations associées au tamoxifène. Certaines patientes se voyaient même opposer un déni de leur inconfort, voire de leurs souffrances.

Une fiche récapitulative avait donc été créée pour rassembler les effets secondaires courants, moins courants ou rares du tamoxifène, ainsi que des astuces rapportées dans différentes sources pour tenter de les contrer. Le constat demeure simple: même si les femmes qui cumulent plusieurs effets indésirables représentent une proportion moindre, elles ne sont pas pour autant négligeables.

À la douleur physique peut alors s’ajouter une souffrance morale: celle de ne pas être crue, d’être accusée d’exagérer ou de s’inventer des symptômes par la personne même censée accompagner le traitement. Le fait que l’hormonothérapie réduise le risque de récidive ne justifie jamais que ses conséquences soient écartées ou relativisées.

Une vigilance particulière avec certains médicaments

Le texte publié en 2013 signalait une incompatibilité médicamenteuse concernant le tamoxifène. Les recommandations citées à cette époque émanaient de l’AFSSAPS, devenue ensuite l’ANSM, conjointement avec l’INCa.

Les antidépresseurs suivants étaient alors signalés comme ne devant pas être utilisés avec le tamoxifène:

  • la fluoxétine, commercialisée notamment sous le nom de Prozac®;
  • la paroxétine, commercialisée notamment sous le nom de Deroxat®.

Il était recommandé de recourir à d’autres antidépresseurs. La quinidine, antiarythmique de classe Ia dont l’utilisation était décrite comme devenue marginale, ainsi que la terbinafine, employée en dermatologie, étaient également citées parmi les médicaments à ne pas associer au tamoxifène.

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ou ISRS, pouvaient être prescrits chez des femmes atteintes d’un cancer du sein et recevant une hormonothérapie. Ils pouvaient être utilisés contre la dépression ou l’anxiété, mais aussi pour réduire les bouffées de chaleur. Cette situation appelait donc une vigilance particulière.

Le texte attirait l’attention sur le fait que certains médecins pouvaient encore ignorer l’incompatibilité entre quelques ISRS bien identifiés et le tamoxifène. Il précisait que ces médicaments n’étaient pas cancérigènes, mais qu’ils pouvaient diminuer l’efficacité de l’hormonothérapie. Selon cette information, il était possible de choisir un antidépresseur n’interférant pas avec le traitement en cours.

Enfin, l’INR — International Normalized Ratio — recommandait, dans les informations citées en 2013, une vigilance accrue pour les personnes prenant du tamoxifène en association avec des anticoagulants oraux.

Dialoguer avant toute modification

Ces incompatibilités ne doivent pas conduire à interrompre ou à modifier seule un traitement. Elles soulignent surtout l’importance de signaler au médecin et au pharmacien l’ensemble des médicaments pris, y compris ceux prescrits pour la dépression, l’anxiété, les bouffées de chaleur, les troubles dermatologiques ou les problèmes cardiaques.

Les recommandations mentionnées ici sont celles rapportées dans l’article d’origine et doivent être replacées dans leur contexte historique de 2013. Toute décision concernant une association médicamenteuse, un changement de molécule ou un arrêt doit être discutée avec l’équipe médicale.

Conclusion

L’hormonothérapie peut réduire le risque de récidive dans les cancers du sein hormonodépendants, mais elle n’est ni universellement efficace ni dépourvue d’effets indésirables. Certaines femmes la supportent relativement bien; d’autres cumulent des symptômes qui perturbent profondément leur quotidien.

Écouter ces témoignages, reconnaître la réalité des douleurs et rester attentive aux interactions médicamenteuses font partie d’un accompagnement respectueux. Le bénéfice d’un traitement et les souffrances qu’il entraîne doivent pouvoir être abordés ensemble, sans accusation ni minimisation.