Avant les premières séances
Pour cibler avec précision les volumes à irradier, une séance de repérage est prévue avant le début du traitement. Elle consiste à marquer la peau, soit au feutre indélébile, soit par un petit tatouage. L'opération est rapide et indolore.
Un point mérite d'être souligné: lorsque la radiothérapie succède à une chimiothérapie, il est tout à fait légitime de prévoir un temps de récupération. Certains centres fonctionnent à un rythme très soutenu, mais rien n'oblige à s'y conformer si le corps a besoin de souffler. L'intervalle habituel entre la fin de la chimiothérapie et le début de la radiothérapie est d'environ trois semaines.
Une consultation d'information avec l'oncologue radiothérapeute a lieu avant le démarrage. Elle permet de passer en revue les précautions à prendre, les signes à surveiller et les grandes étapes du protocole.
Pendant le traitement: ce qui peut survenir
La fatigue est généralement moins marquée que sous chimiothérapie, mais elle reste bien présente. L'organisme a déjà encaissé la chirurgie et/ou la chimiothérapie, les annonces successives ont généré du stress, et les séances quotidiennes ajoutent leur lot de fatigue, de déplacements et d'attente — sans parler des imprévus techniques, comme une machine en panne ou un planning qui dérape.
Un œdème peut apparaître en cours de route. Le plus souvent, il reste modéré, persiste parfois après la fin du traitement et s'estompe au cours de l'année qui suit. La zone irradiée est également sensible au soleil et mérite une protection attentive.
L'effet cutané le plus classique est l'érythème: la peau rougit comme après un coup de soleil, peut peler et retrouve généralement son aspect antérieur après quelques semaines.
L'oncologue radiothérapeute reçoit la patiente au moins une fois par semaine pour un point clinique: auscultation, vérification de la tolérance au traitement, adaptation éventuelle. Un compte-rendu de fin de traitement est adressé au médecin traitant et à l'équipe impliquée dans le parcours de soins. Si, au fil des séances, des modifications de positionnement ou de durée d'irradiation interviennent sans explication préalable, il est important de poser des questions plutôt que de rester dans le doute.
Quelques gestes simples au quotidien
Quelques précautions aident à mieux tolérer le traitement:
- Avant chaque séance, éviter le parfum et tout produit contenant de l'alcool, ainsi que les crèmes grasses et les savons classiques. Préférer des produits doux et naturels, comme le savon de Marseille sur la zone irradiée. Ne pas frotter.
- Porter de préférence des vêtements amples en coton, qui n'irritent pas la peau.
- En cas de suintements, les montrer rapidement à l'oncologue afin d'obtenir un produit asséchant adapté.
- Signaler à tout médecin rencontré pendant le traitement que la radiothérapie est en cours, afin qu'il évite de prescrire des médicaments photosensibilisants.
À plus long terme
Parmi les effets tardifs possibles figure la couperose radio-induite, qui peut apparaître entre dix-huit mois et deux ans après la fin de l'irradiation. Il s'agit de télangiectasies, c'est-à-dire de petits vaisseaux superficiels dilatés. Toute modification cutanée ou inconfort ressenti lors des visites de contrôle doit être signalé à l'oncologue.
Quand la peau réagit fortement: la radiosensibilité
Dans la majorité des cas, la radiothérapie se déroule sans accroc majeur. Quelques rougeurs, échauffements ou démangeaisons apparaissent, souvent en fin de traitement. Il arrive cependant que la peau réagisse plus violemment et que la patiente se révèle radiosensible. Ce n'est pas une raison pour s'alarmer, mais il est utile de savoir reconnaître les signaux qui doivent alerter. Deux Impatientes ont accepté de partager leur vécu et leurs conseils.
Le témoignage de PetiteChose (Impatiente)
PetiteChose a terminé sa radiothérapie sur la zone mastectomisée environ deux semaines avant de rédiger son témoignage. Sur les vingt-cinq séances prévues, vingt ont été réalisées avec un bolus — une plaque posée sur la zone irradiée pour optimiser le traitement en surface de la peau. Le résultat a été sévère: brûlures étendues, zones désépidermisées, suintements. Tant que les séances n'étaient pas terminées, elle ne pouvait pas entamer de traitement local et s'est contentée d'éosine aqueuse pour assécher les lésions suintantes, et de Dexeryl sur le reste pour maintenir une hydratation minimale.
Une fois la radiothérapie achevée, elle a été prise en charge par une infirmière stomathérapeute spécialisée en cicatrisation dirigée. Les résultats ont été spectaculaires. Dans un premier temps, application de poudre Orahésive® sur les lésions suintantes et pose d'un pansement hydrocellulaire recouvrant l'ensemble de la zone, à laisser en place quatre à cinq jours. Au retrait, les zones à vif avaient disparu. Dans un deuxième temps, des plaques d'hydrogel (Hydrosorb Comfort des Laboratoires Hartmann) ont été posées sur toute la zone pour favoriser la détersion — l'élimination de la pellicule de peau sèche. Le pansement se garde sept jours maximum et se renouvelle jusqu'à détersion complète.
Un point important: tous ces dispositifs peuvent être prescrits dans le cadre d'une affection longue durée (ALD), ce qui ouvre droit à une prise en charge.
Le témoignage de Véribode (Impatiente)
Véribode livre une série de conseils tirés de son expérience de réaction cutanée aiguë.
Pour la lucite radique (brûlures, boutons, démangeaisons):
- Se couper les ongles très court, car les démangeaisons nocturnes poussent à se gratter — ou dormir avec des gants.
- Se laver avec le Xémose Syndet d'Uriage, nettoyant doux pour peaux très sèches à tendance atopique.
- Appliquer le soir, au coucher, de la pommade au calendula des Laboratoires Boiron, même si elle graisse le linge.
- Exiger, même en cas de petites brûlures sèches, le pansement hydrocellulaire Hydrosorb 10×10 des Laboratoires Hartmann. Peu connu, cher, mais remboursé, il se commande en pharmacie. On peut le porter avant d'aller en séance: il absorbe la chaleur, limite les frottements et permet de continuer à porter un soutien-gorge sans douleur. Véribode l'a gardé jusqu'à mi-août; sa dermatologue lui a assuré qu'il n'y aurait pas de marque. Des pommades à la cortisone existent, mais elle ne peut pas en parler, la cortisone lui étant contre-indiquée.
Pour les atteintes générales (rares mais réelles):
- Insister auprès de l'équipe soignante sur le caractère physique, et non psychologique, des symptômes. La culpabilité est immense, on se sent « chochotte », on se secoue — et pourtant le malaise est bien réel et peut devenir sérieux.
- Manger de la viande rouge pour tenir, malgré la connotation symbolique dans le cancer du sein: les réserves fondent avec l'hyperpigmentation et l'inflammation.
- Recourir à l'homéopathie: Apis mellifica 9 CH, Radium 9 CH, Arsenicum Album 9 CH, à raison de cinq granules de chaque, trois fois par jour. Véribode se sentait mieux en deux jours.
Pour les petits malaises — bien réels et non psychologiques —, garder en permanence des gâteaux secs et des bonbons à la menthe. Manger légèrement et boire un café juste avant la séance permettait à Véribode d'éviter nausées, maux de tête et malaises francs. Pour la fatigue, en revanche, elle n'a pas trouvé de solution miracle, en particulier celle qui accompagne la digestion: fractionner les repas, charger en chocolat, et s'allonger quand il n'y a plus rien à faire.
En résumé
La radiothérapie reste, pour la majorité des patientes, un traitement qui se traverse sans trop de dégâts. Quelques gestes simples — savon doux, vêtements en coton, hydratation, protection solaire, dialogue avec l'équipe soignante — suffisent souvent à passer le cap. Lorsque la peau réagit plus fortement, des solutions existent, des pansements spécifiques aux crèmes adaptées, en passant par les conseils d'une infirmière stomathérapeute. L'essentiel est de ne pas rester seule avec ses doutes et de signaler sans attendre toute modification inhabituelle à l'oncologue.

