Cancer du sein : le traitement Enhertu enfin accessible aux patientes anglaises

Cancer du sein : le traitement Enhertu enfin accessible aux patientes anglaises

Le traitement, déjà accessible en Écosse depuis 2023 et dans vingt-six pays européens, offrirait en moyenne près de sept mois de vie supplémentaires — jusqu'à trois ans pour certaines. Une victoire arrachée par des femmes qui ont refusé de se taire.

Kate Wills, et toutes les autres

À 51 ans, Kate Wills travaille à temps plein, élève deux adolescents et vit avec un cancer du sein métastatique HER2-low, propagé aux os et aux poumons. Elle apprend la nouvelle en direct devant la caméra de la BBC. « Je n'arrive vraiment pas à y croire. Je suis tellement soulagée, je suis comblée. C'est si difficile de garder espoir quand on a un cancer de stade quatre. Cela me donne un immense espoir », confie-t-elle, les larmes aux yeux.

Son vœu, à peine formulé: voir ses enfants « tomber amoureux, se marier ». Sa première pensée, elle, va à celles qui n'auront pas eu cette chance — à commencer par Jeannie Ambrose, interviewée par la BBC il y a deux ans à 53 ans. Avec une énergie intacte, Jeannie lançait: « Je ne suis pas prête à mourir. Je veux rester en vie, je veux continuer à vivre. Je devrais me concentrer sur le temps passé avec ma famille et mes amis, pas faire campagne avec le temps qu'il me reste. » Jeannie est décédée en janvier dernier. Sa voix continue de porter chaque victoire arrachée au système.

Deux ans de trop

En 2024, le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) avait jugé l'Enhertu trop cher pour le service public britannique. Pendant l'attente, l'Écosse prescrivait déjà le traitement, et vingt-six pays européens faisaient de même. L'association Breast Cancer Now estime qu'environ mille femmes par an pourraient en bénéficier en Angleterre. Sa directrice, Claire Rowney, résume: « Aujourd'hui, nous pouvons enfin dire: nous l'avons fait. » Elle ajoute pourtant, sans détour, qu'on ne peut célébrer cette annonce sans se souvenir des milliers de patientes privées du traitement pendant le délai.

Trois gestes pour s'armer

Pour les lectrices françaises confrontées au diagnostic ou à un parcours de soin, la séquence anglaise enseigne trois réflexes concrets:

  • Vérifier le sous-type HER2-low sur le compte-rendu anatomopathologique. Ce marqueur, désormais reconnu, ouvre des options thérapeutiques spécifiques. Demandez explicitement à votre oncologue si la recherche de HER2 a été réalisée, et à quel seuil.
  • Tenir un journal de décisions médicales: nom du traitement discuté, date de la décision, autorité sollicitée. Un dossier documenté est un levier pour un recours ou un dialogue avec l'équipe soignante.
  • Rejoindre ou constituer un collectif. Comme l'illustre le parcours des militantes britanniques, c'est souvent l'accumulation des voix, des témoignages et des courriers qui fait bouger les lignes.