Rééducation après un cancer : retrouver son autonomie au quotidien

Rééducation après un cancer : retrouver son autonomie au quotidien

Ce que la rééducation change vraiment

La rééducation après un cancer reste un volet discret des parcours de soins, souvent évoqué tard, alors qu'elle concerne une majorité de patientes — y compris celles touchées par un cancer du sein. Le réseau de santé américain OSF HealthCare a consacré un dossier à ce sujet, en s'appuyant sur l'expérience de deux kinésithérapeutes, Kelly Bogowith et Susan Young.

Des gestes simples à reconstruire

Selon OSF HealthCare, la rééducation ne se limite pas à la kinésithérapie: ergothérapie et orthophonie peuvent aussi intervenir, en fonction des traitements reçus. Raideurs post-chirurgicales, fatigue persistante, troubles de l'équilibre, difficultés à parler ou à déglutir après certaines radiothérapies: les motifs de consultation sont concrets. L'enjeu, rappellent les deux thérapeutes, n'est pas un confort supplémentaire — c'est retrouver des gestes simples, se lever sans appréhension, marcher sans essoufflement, parler sans fatigue.

Bogowith résume sa conviction en une phrase: « Essayer de garder un état d'esprit positif autant que possible, c'est important. Ce n'est pas toujours facile, mais le mindset compte. » Young, sa consœur, attire l'attention sur un piège plus silencieux — la tendance à l'isolement. « Quand les patientes ont un cancer, elles ont tendance à s'isoler, explique-t-elle. Ou elles sont isolées par leur cercle d'amis, parce que les amis ne savent pas quoi faire. Il suffit de tendre la main, de créer des liens. Ne restez pas seule. » Pour les femmes en traitement ou en rémission d'un cancer du sein, où le réseau social pèse lourd dans la durée, ce rappel prend un relief particulier.

Quand la recherche prend de l'avance

En parallèle, la recherche avance pour les formes avancées de la maladie. Début septembre, la FDA américaine a accordé une autorisation accélérée au camizestrant (nom commercial: Etcamah), en association avec un inhibiteur de CDK4/6, pour les patientes atteintes d'un cancer du sein HR+, HER2- localement avancé ou métastatique présentant une mutation ESR1. Selon le Dr Eleonora Teplinsky, oncologue interrogée par SurvivorNet, l'approche change la donne: un test sanguin permet désormais de repérer l'émergence d'une résistance au traitement avant qu'elle ne soit visible à l'imagerie, et d'ajuster la thérapie en conséquence.

Côté pratique, trois points à vérifier avec son équipe soignante: la pertinence d'un suivi en kinésithérapie ou ergothérapie, l'identification à l'avance de personnes-ressources contre l'isolement, et, en cas de cancer avancé HR+, HER2-, la possibilité d'un suivi moléculaire par prise de sang et les options thérapeutiques récentes.