Comment le diagnostic de sa sœur a transformé la carrière de Mel de Lange

Comment le diagnostic de sa sœur a transformé la carrière de Mel de Lange

Dix ans après l'annonce qui a fait basculer sa vie, Mel de Lange n'a pas seulement changé de métier. Elle a transformé le chagrin en recherche. Comme le rapporte la BBC, cette Britannique de 47 ans, installée à Malmesbury dans le Wiltshire, a Converti le diagnostic incurable de sa sœur Becca — un cancer du sein revenu en 2016 — en un engagement scientifique qui l'a menée jusqu'au doctorat.

Un basculement, un prénom derrière chaque décision

C'était un jour ordinaire de 2016 quand Mel a appris que le cancer du sein de Becca, déjà traversé une première fois en 2012, était de retour. Et cette fois, incurables. Elle raconte, dans un témoignage recueilli par BBC Radio Bristol: « C'était un choc complet, elle avait l'air en pleine santé. Elle avait 39 ans, elle venait de se fiancer, elle reconstruisait sa vie après son premier cancer, on ne s'y attendait pas du tout. »

En quelques semaines, une autre décision a pris forme dans l'esprit de Mel: s'inscrire, en cours du soir, à un Master en recherche en santé à l'Université de Bristol. Tout en continuant à diriger son agence d'études de marché et à élever ses deux enfants. Faire quelque chose de concret, dira-t-elle plus tard.

De la première dissertation à l'outil numérique

Le premier essai que Mel a rendu portait sur le cancer du sein. Elle l'a écrit pour Becca. La jeune femme est morte quelques mois après le début de cette nouvelle trajectoire. Sept ans plus tard, Mel soutient sa thèse d'épidémiologie. Sa belle-mère, Janet, a également été emportée par un cancer du sein pendant cette période — deux pertes, dix ans d'études.

Aujourd'hui, Mel travaille à la Queen Mary University of London. Elle y développe des outils numériques destinés aux médecins généralistes pour repérer plus tôt les patientes et patients susceptibles d'avoir un cancer et devant être orientés vers des examens complémentaires. Son objectif, formulé sans détour: accélérer le diagnostic du cancer du sein métastatique. « Tout cela, c'est pour aider les gens à vivre plus longtemps et avec une meilleure qualité de vie », résume-t-elle.

Ce que ce parcours éclaire pour celles et ceux qui traversent l'épreuve

Ce récit n'est pas un mode d'emploi. Mais il met en lumière quelques points que notre communauté connaît intimement:

  • Rester attentive aux signes inhabituels, même quand la personne « a l'air en pleine santé ». Le cancer métastatique peut survenir des années après une rémission — c'est ce qui est arrivé à Becca en 2016, en pleine reconstruction de sa vie.
  • Le rôle du médecin généraliste comme premier filtre. Les outils que Mel développe visent à leur donner des signaux plus fins pour orienter plus vite vers les examens adaptés.
  • La place du témoignage dans la recherche. Sans le parcours de Becca, ce travail n'existerait pas. Rapporter une histoire, c'est aussi nourrir la mémoire collective et faire avancer les soins pour les autres.

Mel, elle, se décrit aujourd'hui comme « plus courageuse, plus intrépide » qu'avant. « J'ai encore peur, mais je fais les choses quand même. Je pense qu'elle serait assez surprise de voir le chemin que j'ai parcouru. »

Une façon discrète et obstinée de garder Becca vivante.