Cancer du sein : le témoignage de Raquel sur son parcours de soins et l'importance de l'écoute

Cancer du sein : le témoignage de Raquel sur son parcours de soins et l'importance de l'écoute

C'est un après-midi de mars 2025, dans le cabinet de sa gynécologue, que Raquel Ortiz a senti sous ses doigts une masse que rien ne laissait prévoir. Trois mois plus tôt, sa mammographie annuelle était pourtant normale. Comme le rapporte WMCHealth, le diagnostic est tombé quelques jours plus tard: un cancer du sein triple négatif, à un stade précoce.

Pour cette femme qui travaille depuis plus de vingt-cinq ans dans le secteur de la santé, le choc a été celui d'un corps qui trahit une vigilance sans faille. « J'étais complètement prise au dépourvu, se souvient-elle. Je suis toujours une patiente irréprochable. Je fais mes dépistages chaque année. Je n'arrêtais pas de demander: comment est-ce possible? »

Le soir de l'annonce, un médecin qui décide pour elle

Le parcours aurait pu s'éparpiller dans les avis contradictoires. Il a tenu à un fil: la voix de son médecin traitant. « Il m'a dit: je ne veux pas que vous alliez ailleurs. Je veux que vous alliez à Good Samaritan. » Le lendemain matin, Raquel franchissait la porte du centre du sein de cet hôpital. Dossier transmis, chirurgienne disponible, premier rendez-vous calé en quelques heures. « Vous parlez d'un accès aux soins, glisse-t-elle. Tout est allé si vite. »

Elle a pourtant demandé un deuxième avis, dans un autre centre réputé. Les protocoles, eux, n'ont pas varié: chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie. Mais quelque chose avait bougé. « Quand j'ai rencontré la chirurgienne, elle m'a donné quelque chose dont je ne savais même pas que j'avais besoin, confie Raquel. Elle m'a donné la paix. »

Le regard ancré dans le sien, la praticienne a ajouté: « C'est effrayant, mais vous allez vous en sortir. »

Cinq mois de chimiothérapie, vingt-deux séances de radiothérapie

En avril 2025, la tumorectomie a lieu. Des ganglions supplémentaires sont retirés pendant l'opération, transformant une intervention prévue en ambulatoire en une nuit d'hospitalisation. Suivront cinq mois de chimiothérapie hebdomadaire, puis vingt-deux séances de radiothérapie conclues en décembre.

Ce qui a tenu Raquel, ce ne sont pas seulement les protocoles. C'est l'allure de l'oncologue Bilal Farooqi. « Il ne nous a jamais pressés, raconte-t-elle. Il demandait toujours: que puis-je faire d'autre pour vous? Cela m'a rappelé que je n'étais pas un numéro. J'étais traitée avec respect et dignité. »

À l'hôpital de jour, l'équipe de perfusion menée par Julia Arras a transformé l'attente en rituel. « Ne pas savoir ce que chaque goutte allait faire à mon corps était terrifiant, dit Raquel. Mais elles étaient calmes, rassurantes. Elles nous ont fait sentir, à mon mari et à moi, comme en famille. »

Ce qui reste vraiment: les petites choses

Raquel retient les détails que personne ne programme. Le prénom prononcé à chaque visite. Les fleurs fraîches à l'accueil. Les accolades des infirmières lors des rendez-vous de suivi. « Ce sont toutes les petites choses auxquelles on ne s'attend pas qui touchent le cœur, dit-elle. »

Son employeur, en parallèle, a aménagé un emploi du temps flexible pour qu'elle puisse continuer à travailler en télétravail après les séances. « Cela m'a donné un sens et une normalité dont j'avais besoin, explique-t-elle. » Aujourd'hui en rémission, elle dit avoir transformé sa propre manière de concevoir le soin.

Trois gestes très concrets, hérités de son expérience, à transmettre à celles et ceux qui traversent un parcours similaire:

  • Choisir une équipe où l'on se sent reconnue, pas seulement traitée. Le bon protocole ne tient pas sans la confiance humaine.
  • Poser toutes ses questions, même celles qui semblent naïves. Les soignants qui conviennent n'éludent jamais.
  • S'autoriser à continuer à vivre. Travailler si on le peut, voir ceux qu'on aime, garder un rythme. La maladie n'est pas une identité.

Raquel, elle, a trouvé son ancrage dans une phrase entendue au tout début. Elle l'a gardée.