Cancer du sein : au-delà du dépistage, assurer le parcours de soin des patientes

Cancer du sein : au-delà du dépistage, assurer le parcours de soin des patientes

Selon une dépêche publiée par MyJoyOnline, l'organisation ghanéenne Breast Care International lance, avec le partenaire Jhpiego, un projet qui déplace le curseur: après le dépistage, qui veille à ce que la femme arrive jusqu'au traitement? La question, posée par la présidente de l'association, met au jour un angle mort que beaucoup de parcours croisent. Trouver la lésion n'est que le commencement du chemin.

Le dépistage ne suffit plus

Le constat, rapporté par MyJoyOnline, vient du Dr Beatrice Wiafe Addai, présidente de Breast Care International. Dans les communautés rurales, les femmes repérées lors d'une campagne doivent souvent quitter leur village, parcourir des heures de route, trouver un centre de soins, attendre, revenir. Parfois, elles ne reviennent pas. Parfois, elles ne terminent jamais ce qu'elles ont commencé.

Le Dr Wiafe Addai le formule sans détour: les centres de traitement sont dans les villes, mais qui vérifie que la femme arrive jusqu'au bout? Le projet, qui démarre dans la région d'Ashanti, veut construire ce pont manquant — de l'éducation au dépistage, jusqu'à l'hôpital, avec mammographie, échographie, biopsie. L'idée tient en une phrase: qu'aucune femme ne reste seule entre le moment où l'on entend qu'il y a quelque chose d'inquiétant et celui où l'on reçoit un plan de soins.

Une première étape dans un lycée

Le premier exercice s'est tenu au lycée Boanim Senior High Technical School. Professeurs et élèves ont appris à pratiquer l'auto-examen, à repérer une masse, un changement, une différence. Surtout, ils ont compris que la suite existe: imagerie, biopsie, chirurgie éventuelle. Et que cela peut sauver une vie.

Selon le récit de MyJoyOnline, un enseignant, Christian Marfo Tawiah, a confié avoir compris ce jour-là que la détection précoce change tout. Une enseignante, Abigail Adu Gyemfi, a découvert que le cancer du sein peut être génétique, qu'il ne touche pas que les femmes plus âgées, et que les hommes ne sont pas épargnés. Ce dernier point, encore peu relayé, a marqué plusieurs participants. La peur de la chirurgie, aussi, s'est desserrée: si le médecin recommande l'ablation, ont-ils appris, ce n'est pas une fin, c'est un chemin vers une vie plus longue.

Ce que l'on peut vérifier, ici

Cette campagne ghanéenne fait écho à d'autres initiatives que la presse anglophone relaye en ce moment. La Minnesota Spokesman-Recorder raconte le travail d'une survivante, Reona Berry, qui aide les femmes noires à naviguer dans le parcours de soins après avoir traversé la maladie à deux reprises. Le Valley Advocate suit une survivante d'Easthampton qui tricote du réconfort et de la dignité pour d'autres patientes. Le fil est le même: une fois le mot cancer tombé, il faut des mains pour tenir le fil.

Pour celles et ceux qui accompagnent une personne en cours de dépistage ou de diagnostic, trois points méritent d'être vérifiés dès maintenant. Qui suit le dossier après le premier examen — demander un nom, un numéro, un rendez-vous précis. Quels examens de deuxième ligne sont prévus et où — les noter, avec les délais. Quelqu'un accompagne-t-il la patiente lors des déplacements vers le centre de soins — et si non, chercher une association locale, un service social, une patiente navigatrice.

Une dépêche de Graphic Online, parue le 22 août, rapporte par ailleurs que la Première dame ghanéenne a estimé que le dépistage et le traitement sont un droit, et non un privilège. Une phrase à garder en tête, où que l'on soit.