Selon le reportage que Le Devoir publie cette semaine, c'est sur la Rive-Sud de Montréal, en 2021, que Marie-Ève Richard-Tougas a appris que son cancer — un cancer de la peau contracté dix ans plus tôt, à 24 ans — était de retour et s'était propagé à ses ganglions lymphatiques. Autour de son témoignage, le journal interroge la place du patient dans les décisions de soins. Une question qui parle aussi à toutes celles qui traversent aujourd'hui un parcours de cancer, y compris du sein.
Décider ensemble, même quand la vie quotidienne pèse
Le Dr Joël Claveau, dermatologue, le formule sans détour dans les colonnes du Devoir: « C'est toujours une décision partagée. » Son travail, précise le journal, consiste à élaborer des plans de traitement visant à réduire au minimum les répercussions des soins sur la vie quotidienne. Pour Marie-Ève, l'expérience s'est jouée en deux temps. D'abord, un traitement par comprimés deux fois par jour à la maison, plus simple à intégrer au rythme familial — mais avec des effets secondaires importants. « Je ne pouvais absolument rien faire, même un peu de ménage, sans rapidement atteindre mes limites », confie-t-elle au Devoir. Plus tard, lorsque le cancer s'est propagé à ses poumons, elle a commencé un traitement intraveineux toutes les trois semaines, dans un hôpital à une demi-heure de chez elle.
Le coût n'est pas que médical. « Le cancer bouleverse vraiment toutes les sphères de votre vie, affirme Marie-Ève Richard-Tougas. Vos finances, votre couple, votre vie familiale, tout. »
Une carte pour trouver les bons professionnels
Pour celles qui cherchent un kinésithérapeute, une socio-esthéticienne, une nutritionniste, un sexologue, un spécialiste de l'activité physique adaptée ou un psychologue, une nouvelle application vient de sortir: RésoRose. Téléchargeable gratuitement depuis le 24 août sur l'App Store et Google Play, elle recense les soins de support et de bien-être dans un rayon de 100 km autour de chez soi, après vérification des compétences de chaque professionnel. Le projet est né à Labaroche, dans le Haut-Rhin, de l'expérience de Pauline Barraux — orthoprothésiste au contact de femmes atteintes d'un cancer du sein depuis plus de quinze ans — et de celle de son compagnon, Julien Barraux, lui-même confronté à la maladie en 2022. L'application propose aussi la prise de rendez-vous et rassemble des ressources pédagogiques.
Ce qui se mobilise sur le terrain
D'autres initiatives prennent forme, et elles peuvent se rejoindre. À Dinan, Ouest-France rapporte que l'association Symbiose a réuni 7 000 € pour l'accompagnement des femmes atteintes de cancer — un montant qualifié de « vrai succès » par le quotidien. Dans le Tarn, une habitante lance un appel à contributions, relayé par la Dépêche, pour assembler « la plus grande guirlande de soutiens-gorge de France », avec l'idée de sensibiliser au cancer du sein et de soutenir les femmes touchées par la maladie.
Cartographie des soins, collecte locale, élan populaire: trois portes d'entrée vers la même conviction — celle que Marie-Ève résume au Devoir en parlant de sa propre trajectoire. Être considérée dans sa réalité entière, et pas seulement du point de vue médical.

