Après le cancer du sein : le témoignage de Cindy sur l'angoisse de la rémission

Après le cancer du sein : le témoignage de Cindy sur l'angoisse de la rémission

Quand la fin des traitements ouvre une autre peur

Son parcours, accompagné dans le cadre d'un programme dédié, met en lumière ce qui se joue après les traitements actifs — un chapitre souvent passé sous silence dans les récits de cancer.

Cindy se souvient du moment précis. « J'ai éclaté en sanglots en apprenant la nouvelle, pas de bonheur, mais de peur, raconte-t-elle. Le cancer de ma mère était revenu dix ans après son premier diagnostic, et j'avais peur que cela m'arrive aussi. » Diagnostiquée en 2016 d'un carcinome canalaire détecté lors d'une mammographie de routine, elle avait suivi un parcours étrangement parallèle à celui de sa mère: tumorectomie, radiothérapie. Sa mère, elle, avait rechuté dix ans plus tard, le cancer s'était propagé aux os, et elle était décédée en juin 2007, à 63 ans — l'âge exact qu'atteint aujourd'hui Cindy.

« Je ne savais pas que j'avais besoin de parler à quelqu'un, reprend Cindy. Mais je venais d'avoir l'âge exact qu'avait ma mère à sa mort, et ça m'a bouleversée. »

Un accompagnement pensé pour l'après

Sous la supervision du Dr Adam Kotowski, oncologue médical au sein du réseau de soins Roswell Park, Cindy a pris du tamoxifène pendant cinq ans et passé une mammographie tous les six mois. En novembre 2025, son équipe la déclare guérie. Le suivi médical ne s'arrête pas là: elle est orientée vers Michael Maher, travailleur social clinicien, dans le cadre du programme Survivorship de l'établissement.

Ce programme s'adresse à toute personne ayant terminé un traitement actif contre le cancer, quel que soit l'endroit où elle a été soignée. Au-delà du campus principal de Buffalo, il est déployé sur cinq sites dans l'ouest de l'État de New York et propose aussi un accompagnement aux proches et aux aidants. Chaque participante y rencontre un infirmier praticien pour élaborer un plan personnalisé de surveillance médicale et de bien-être, ainsi qu'un espace de parole avec un professionnel formé à cette étape.

Ce que l'après change concrètement

« L'expérience de Cindy est partagée par de nombreuses survivantes », explique Michael Maher. « Il n'est pas rare que les gens éprouvent du chagrin, de la perte, de la colère, de la dépression ou des remords de survivante. » La peur de la récidive, même statistiquement faible, peut réorganiser toute la vie quotidienne autour du corps surveillé.

Quelques pistes concrètes, à chercher ou à demander à son équipe soignante:

  • Identifier un programme de suivi dédié aux survivantes dans son centre de soins ou à proximité, y compris si le traitement actif a eu lieu ailleurs.
  • Demander un plan de surveillance écrit: rythme des mammographies, examens complémentaires éventuels, signes à signaler sans tarder.
  • Prévoir un espace de parole avec un professionnel formé à l'après-cancer, même en l'absence de détresse identifiée.
  • Inclure les proches et les aidants dans la démarche, dès qu'un besoin émerge.

Pour Cindy, le travail avec Michael Maher a permis de mettre en place des stratégies d'adaptation positives et de nommer les peurs liées à un éventuel retour de la maladie. Une manière, aussi, d'habiter autrement l'âge qu'avait sa mère au moment de sa disparition.