La boîte de Pandore

Capture d’écran 2014-02-28 à 08.03.16J’ai la plume compulsive ces derniers temps. Sans doute une pirouette de mon cerveau pour remplir les espaces blancs-gris-ternes tricotés par les caprices de Carcimore, adoucir les angles tout pointus des minuscules choses de la vie  qui me plaquent des ecchymoses dans le palpitant.

 

Hier, un coup de fil tout mimi de mon chef préféré pour l’organisation de la rentrée 2014, une petite vidéo rigolote qui retrace à merveille les turpitudes de la vie d’enseignant qui me passe sous le museau et hop hop hop, un furieux manque qui me remonte dans la gorge, bileux et acide…

Adoucir les angles,

jeter les doigts sur le clavier comme on lance un filin à la naufragée,

comme on fait un bécot-pansement sur un bobo enfantin,

comme on déleste un navire au ventre trop lourd.

Mes têtes blondes,

leurs humeurs bravaches,

leurs mèches rebelles,

leurs pompes paquebots,

leurs entourloupes d’apprentis-renard(e)s ,

leurs ruses de sioux qui arrachent mes sourires de vieux singe

leur fragilité de cristal,

leurs yeux de lapins éblouis par mes phares les matins d’hiver dès potron-minet,

leurs émerveillements,

leur flemmingite aiguë,

leurs préoccupations obsédantes,

leurs trouilles existentielles,

leurs saillies lumineuses,

leurs perles apoplexantes,

leur français 3ème LVE,

l’attendrissante hésitation qui les font se balancer entre l’insouciance des minots et  la glabelle froncée des adultes pas rigolos

leur Swag , leur kief-grave à eux contre mon kief à moi.

Tout me manque. Furieusement.

Alors j’ouvre mes boîtes de Pandore et les diablotins s’éparpillent…

Chansonnette :  (atelier d’écriture – thème « Un autre métier »)

Capture d’écran 2014-02-28 à 06.42.00

La boîte de Pandore

Quand j’pourrai plus supporter les pré-pubères, boutonneux

J’aiguiserai mes crayons à papier

Quand j’pourrai plus digérer d’entendre crisser

Les bouts d’craie

J’taquinerais volontiers l’encrier

Refrain (bis)

Je pourrais ainsi croquer

Des p’tits bouts d’vie délaissés

J’ouvrirais les coffres-forts

Toutes mes boîtes de Pandore

Quand s’ront passés à trépas les Videla, Pinochet

J’dirais bien un mot à Neruda

Quand Colomb en aura marre de t’nir la barre

Dans sa marre

J’lui donnerais bien contes de Navarre

Refrain (bis)

Quand j’pourrais plus encadrer les gueules fanées des collègues

J’aimerais leur retailler le portrait

Quand je s’rai contaminée, désabusée, fatiguée

J’aurais plus qu’à tout réinventer

Refrain (bis)

 

 

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  1 comment for “La boîte de Pandore

  1. février 28, 2014 at 12 h 44 min

    Comme je te comprends. Quand on a l’avantage de faire un métier qu’on aime, qu’est-ce qu’on est mieux au boulot qu’à se coltiner le cancer et tout ce qui va avec.
    Aujourd’hui je devrais être à deux à l’heure, faire attention à ne pas laisser échapper tout ce que j’empoigne, focaliser sur ma sieste de 14H pour récupérer et au lieu de ça, je suis au boulot et je préfère mille fois régler tous les problèmes qui se succèdent depuis ce matin en relevant mes manches, la vraie vie quoi, celle pour laquelle on supporte toutes les misères apportées avec le cancer.
    Bisous, je croise les doigts pour que ce fichu cancer te laisse faire ta prochaine rentrée des classes et qu’il se fasse oublier.

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