L’hormonothérapie

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Si votre cancer est hormonodépendant (comme pour les deux tiers des femmes touchées par un cancer du sein), il vous sera proposé d’entamer une hormonothérapie. Ce n’est pas un traitement hormonal, mais anti-hormonal.

Pour la mécanique et les mille questions que vous vous poserez sur ce traitement, consultez l’excellent dossier constitué par Europadonna

Succintement, on vous proposera :

– si vous êtes ménopausée : des inhibiteurs d’aromatases (Arimidex®, Femara® ou Aromasine®) ;

– si vous n’êtes pas ménopausée : des anti-œstrogènes (le plus souvent Tamoxifène) et éventuellement, en parallèle, en fonction de votre âge, de vos desiteratas, des médicaments analogues à la LHRH (castration chimique, réversible) ou une ovariectomie (castration physique, irréversible)

L’hormonothérapie est administrée car elle diminue le risque d’une éventuelle récidive de façon sensible d’après beaucoup d’études randomisées. Cependant, comme tout traitement médicamenteux, elle n’est pas dénuée d’effets secondaires, différents là encore en fonction de chaque traitement et de chacune.

Certaines femmes ne répondent pas à l’hormonothérapie, ce qui explique qu’il y ait parfois des récidives malgré la prise de ce traitement.

Il existe d’ailleurs des tests pour savoir si la personne traitée répondra positivement à l’hormonothérapie, mais malheureusement, les études qui portent sur leur efficacité sont controversées et ils ne sont pas pratiqués en France.

Dans l’ensemble, ces traitements sont assez bien tolérés, cependant, certaines d’entre nous vont cumuler les effets secondaires, plus ou moins invalidants. Votre oncologue doit en tenir compte et vous aider à les contrer dans la mesure de ses possibilités. Il peut être amené à vous faire changer de molécule ou à vous recommander l’arrêt du traitement si votre qualité de vie s’en trouve trop perturbée mais essayez (dans la mesure de votre seuil de tolérance, bien sûr) de tenir quelques mois. Bien souvent, en début de traitement, les effets secondaires sont plus marqués et ils se cumulent parfois avec des restes de bobos-chimio.

Agacée par le nombre de médecins qui ne prennent pas ces phénomènes au sérieux ou qui nient carrément l’inconfort, voire les souffrances des patientes sous Tamoxifène, j’ai créé une fiche récapitulative sur ses effets secondaires courants, moins courants ou rares, ainsi que sur les petites combines répertoriées pour tenter de les contrer en me fondant sur plusieurs sources.

Certes, les malchanceuses, celles qui cumulent les effets fréquents, moins fréquents, voire rares, représentent un pourcentage moindre, mais qui n’est pas pour autant… négligeable. Ces dernières doivent-elles ajouter à leurs souffrances physiques celle, morale, de se voir taxer d’exagération, voire d’affabulation par leur propre médecin. 

Que le bénéfice de l’hormonothérapie soit une diminution des risques de récidive n’implique en rien que l’on ne prenne pas en compte les nuisances qu’elle génère !

Attention ! Incompatibilité médicamenteuse avec le Tamoxifène (Fiche complète Tamoxifène)

Anti-dépresseurs : L’AFSSAPS (aujourd’hui rebaptisée ANSM), conjointement avec l’INCa, recommande de ne pas utiliser la fluoxétine (Prozac) ou la paroxétine (Deroxat) en cas de traitement par le Tamoxifène, et de recourir à d’autres antidépresseurs.

La quinidine (un anti-arythmique de la classe Ia dont l’utilisation est désormais marginale) et la terbinafine (employée en dermatologie), ne doivent pas non plus être associés au Tamoxifène, au même titre que la fluoxétine ou la paroxétine.

Les ISRS (Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine) sont parfois prescrits chez les femmes avec un cancer du sein sous hormonothérapie pour traiter la dépression et l’anxiété, mais aussi pour réduire les bouffées de chaleur. Soyez donc vigilante. Il arrive encore que certains médecins ignorent que quelques ISRS bien identifiés sont incompatibles avec Tamoxifène (ces derniers ne sont pas cancérigènes, mais diminuent l’efficacité de cette hormonothérapie). Il suffit simplement d’en choisir un qui ne vienne pas interférer avec le traitement en cours.

Il est important d’ajouter également que L’INR (International Normalized Ratio) recommande une vigilance accrue pour les patient(e)s sous Tamoxifène qui prennent des anticoagulants oraux.

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  5 comments for “L’hormonothérapie

  1. Maitai
    janvier 31, 2014 at 5 h 55 min

    Bonjour, petit coup dur pour moi qd je lis l’article sur l’interaction tamoxifene-fluoxetine! Quel IRS, antidépresseur prescrire? Merci de votre réponse, cordialement

    • admin
      janvier 31, 2014 at 6 h 51 min

      Maitai, dans l’état actuel de la littérature scientifique, il semble qu’Effexor ne pose pas de problème. Il est en plus généralement assez bien supporté après le léger temps d’adaptation du début de traitement. En tout cas, après discussion avec mes différents docs, c’est cette solution que nous avons retenue. Tout plein de pensées positives! Cordialement

      • admin
        février 1, 2014 at 11 h 47 min

        Je viens d’apprendre que Venlaflaxine (Effexor) est dans le colimateur de la revue Prescrire donc le p’tit coup dur est partagé vu la cardiotoxicité potentielle des chimios que j’ai ingurgitées. Je continue de faire ma SherlockHolmette et je reviens quand j’ai trouvé une piste… Si il y en a :-(

  2. pierre
    novembre 26, 2014 at 19 h 12 min

    C’est horrible ! ma compagne sous tamoxifène a pris du fluoxétine sous prescription de son médecin pendant 6 mois. Elle en a été jusqu’au délire avant que l’on ne se rende compte de l’incompatibilité. Le tamoxifène en était inhibé mais son anti dépresseur aussi.

  3. valival
    mars 31, 2015 at 8 h 49 min

    Bonjour,

    Je vais être opérée bientôt pour ma deuxième mastectomie. Mais cette fois artillerie lourde…comme nous toutes. je suis en train d’essayer de me sevrer du Deroxat (Paroxétine). Un pur moment de bonheur ! Mais bon, faut pas pousser…Je veux faire tout bien comme il faut, certes, mais je veux aussi un anti-dépresseur qui m’aide un peu. Alors si vous avez des pistes (allopathiques) je suis preneuse.
    Je vous remercie de m’avoir lue.
    Bon courage et à bientôt.

    Valérie

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