Les traitements et la douleur

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De ce côté-là, nous vivons, en principe, une époque formidable ! Les centres anti-douleur poussent comme des champignons, les médias nous rebattent les oreilles avec les fantastiques progrès faits à ce niveau. Ces améliorations d’ailleurs ne sont pas à remettre en cause. Elles sont indubitables. Nos médecins disposent à l’heure actuelle d’une batterie conséquente de munitions contre le Mal, des antalgiques divers et variés (fiche à venir) et des soins de support.

Il faut juste que vos docs aient l’idée de s’en servir. Si le vôtre peine à pondre son Eurêka face à vos grosses misères, imprimez-lui la fiche éditée par Cancer Info qui lui rappellera qu’il existe bien trois paliers dans les antalgiques, du paracétamol à la morphine.

DES MÉTHODES PHYSIQUES ET PSYCHOCORPORELLES POUR SOULAGER LA DOULEUR

– la kinésithérapie ;

– le chaud et le froid ;

– la neurostimulation ;

– l’acupuncture ;

– l’hypnose ;

– la sophrologie ;

– le soutien psychologique ;

– la relaxation.

La kinésithérapie

La kinésithérapie (aujourd’hui appelée masso-kinésithérapie) est une discipline paramédicale utile pour traiter ou prévenir certaines douleurs liées au cancer.

Après une intervention chirurgicale (opération du sein, des poumons…), le médecin prescrit souvent des séances de kinésithérapie. Ces séances vous aideront à maintenir ou à récupérer vos capacités de mouvements, à détendre et faire travailler vos muscles, à dénouer des tensions musculaires. Ces exercices contribuent à diminuer les douleurs et améliorent la qualité de vie.

Le kinésithérapeute peut également vous apprendre des exercices ou des mouvements simples à réaliser chez vous.

Les kinésithérapeutes disposent de nombreuses techniques qu’ils adaptent à votre situation et au type de douleur dont vous souffrez :

•   des massages ;

•   l’application de chaud ou de froid sur les parties douloureuses de votre corps (voir paragraphe suivant) ;

•   l’électrothérapie (utilisation de courant électrique de faible intensité ou d’ondes qui aident à masquer la douleur ;

•   des exercices de relaxation ;

•   des soins dans l’eau (balnéothérapie) ;

•   des conseils pour adapter vos mouvements et votre position afin de diminuer la douleur ;

•   la réalisation d’attelles (ou autre matériel) destinées à soutenir ou immobiliser une partie de votre corps (collier cervical par exemple).

Le kinésithérapeute intervient à l’hôpital ou en ville. Il travaille toujours en concertation avec l’équipe médicale qui s’occupe de vous.

Certains actes de kinésithérapie (kiné-respiratoire, rééducation post-chirurgicale) génèrent des douleurs. Un traitement antidouleur doit donc être prévu avant la séance

Limiter les douleurs liées aux soins

Le chaud et le froid

L’application de chaud ou de froid soulage temporairement certaines douleurs. C’est un moyen facile à utiliser.

Vous pouvez appliquer sur votre peau un gant de toilette froid, des compresses fraîches, un sac de petits pois surgelés (qui s’adapte bien à la forme de la zone douloureuse) ou des glaçons entourés d’un linge par exemple.

L’application ne doit pas dépasser 10 minutes.

Pour le chaud, vous pouvez utiliser une bouillotte, une couverture chauffante ou un bain chaud.

L’effet du chaud ou du froid est variable selon les personnes. Selon les cas, il ne change rien, il soulage ou il augmente la douleur. Vous devrez donc tester l’un et l’autre pour savoir comment votre propre douleur réagit.

Si vous avez une diminution de la sensibilité au niveau de la peau, l’application de chaud ou de froid doit être évitée (risque de blessure et de brûlure).

La neurostimulation

La neurostimulation est une stimulation électrique (appelée aussi électrothérapie). Elle consiste à stimuler les nerfs ou plus rarement la moelle épinière, grâce à un léger courant électrique non douloureux.

Le courant électrique bloque la transmission du message de douleur vers le cerveau. La douleur est masquée.

Deux types de stimulation électrique existent : la neurostimulation transcutanée (sur la peau) et la neurostimulation interne :

La neurostimulation transcutanée (TENS, soit « stimulation électrique transcutanée des nerfs »)

Elle consiste à placer des électrodes sur la peau à l’endroit de la douleur, ou sur le trajet du nerf qui transporte cette douleur. Ces électrodes sont alimentées par un appareil de stimulation à piles porté à la ceinture.

Elles produisent des impulsions électriques ressenties comme un fourmillement ou un tapotement non douloureux.

La neurostimulation fonctionne bien pour traiter les douleurs localisées, chroniques et, éventuellement, d’origine neuropathique (liées à une atteinte du système nerveux lui-même).

Cette méthode doit être utilisée sous surveillance médicale.

Attention : Seul un médecin spécialisé dans le traitement de la douleur peut vous prescrire un stimulateur adapté et remboursé par la Sécurité sociale. Il ne faut pas acheter d’appareil de stimulation en dehors de revendeurs agréés pour la vente de matériel médical

La neurostimulation interne

Elle est très rarement utilisée en cancérologie. Elle consiste à implanter des électrodes spéciales directement au niveau de la moelle épinière, au cours d’une intervention chirurgicale.

L’acupuncture

L’acupuncture consiste à piquer des aiguilles en certains points bien précis de la peau.

Les aiguilles sont à usage unique, stérilisées et très fines. En général, la pose des aiguilles n’est pas très douloureuse.

Les mécanismes de l’acupuncture ne sont pas parfaitement identifiés. Un de ces mécanismes serait la sécrétion d’endorphines, une hormone proche de la morphine fabriquée par le corps. Le rôle des endorphines est de diminuer l’intensité de la douleur.

La relaxation

La relaxation est une forme de détente profonde. Elle a des effets visibles sur l’organisme : baisse du rythme cardiaque et respiratoire, augmentation de la température corporelle, dilatation des vaisseaux sanguins, relâchement musculaire.

La relaxation apporte également un bien-être psychique, une sensation de tranquillité et de calme.

Il existe plusieurs méthodes de relaxation basées sur la contraction ou le relâchement des muscles, et sur des exercices de concentration mentale ou de respiration. Utilisée de façon préventive, la relaxation peut vous aider à mieux faire face aux situations stressantes, qui augmentent la douleur (par exemple, avant des soins ou des examens médicaux).

Vous pouvez apprendre à vous relaxer en suivant des cours de yoga, de méditation ou de training autogène, une méthode qui consiste à se concentrer mentalement sur une phrase ou un événement positifs.

La pratique de la musique (musicothérapie) ou de l’art (art-thérapie) sont d’autres méthodes qui peuvent également avoir un effet relaxant bénéfique sur la douleur.

L’hypnose

Le mot hypnose vient du grec hypnos, qui signifie « sommeil ». Pourtant l’hypnose ne consiste pas à s’endormir, mais à porter son attention sur quelque chose (une image, une odeur, une sensation, une musique, un son) ou sur la recherche de souvenirs.

Au cours de cette expérience, les sensations ou la perception des choses se modifient progressivement. Nous pratiquons tous un peu l’hypnose sans le savoir, lorsque nous sommes concentrés au point « de ne plus entendre » les voix et les bruits extérieurs.

La sophrologie

La sophrologie est proche de l’hypnose et de la relaxation. Elle consiste à pratiquer des exercices respiratoires, un relâchement musculaire, ou encore des exercices de détournement de l’attention.

La sophrologie aide à trouver en soi des ressources pour mieux gérer la douleur : savoir se relaxer et se détendre par exemple.

Elle est utile en particulier dans les situations de stress et dans le traitement des douleurs chroniques.

Dans le cadre du traitement de la douleur, l’hypnose aide à moins ressentir la douleur. Cette technique nécessite l’intervention d’un professionnel formé à l’hypnose (médecin, psychiatre ou psychologue).

Il est possible d’apprendre aussi, auprès de ces professionnels, des exercices d’auto-hypnose qui permettent de retrouver par soi-même cette expérience.

Le soutien psychologique

Il ne s’agit pas d’une thérapie à proprement parler, mais plus d’une écoute et de conseils. Le soutien psychologique est une des missions quotidiennes de tous les professionnels de santé.

Mais rencontrer un psychiatre ou un psychologue peut être utile pour mieux communiquer, exprimer ses angoisses, poser des questions, réfléchir sur la maladie, la vie avant la maladie, l’avenir, les douleurs physiques et la souffrance morale.

Les psychologues et les psychiatres utilisent différentes techniques pour accompagner les patients et les aider à gérer leur douleur. L’intervention d’un psychologue ou d’un psychiatre ne signifie pas que votre douleur n’est pas réelle. Sauf en cas de maladie psychiatrique grave, il n’y a pas de douleur purement psychologique.

Aucune douleur n’est uniquement « dans la tête », même si la cause physique de la douleur n’a pas encore été trouvée.

Le soutien psychologique apporte une aide pour traverser l’épreuve de la maladie et de la souffrance. Lorsqu’un psychologue ou un psychiatre travaillent en cancérologie, on parle de psycho-oncologues.

De plus en plus d’établissements de soins proposent un accompagnement psychologique pendant et après la maladie. Une équipe pluridisciplinaire est disponible pour écouter et aider les patients et leurs proches. Elle est composée d’un psychiatre, d’un psychologue et parfois, d’autres professionnels comme ceux formés à la relaxation, à la musicothérapie ou à l’art-thérapie.

Source : e-cancer.fr

À lire aussi sur e-cancer.fr Le choix d’un antalgique et les effets secondaires des antalgiques

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