Les différents types d’interventions chirurgicales

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Qu’est-ce qu’une hospitalisation ambulatoire ?

C’est une chirurgie qui ne nécessite qu’une hospitalisation de courte durée, qui vous permettra de rentrer à la maison quelques heures après avoir été opérée (voire moins). Elle est couramment pratiquée pour des gestes ne nécessitant qu’une anesthésie locale.

En quoi consiste l’installation d’un harpon ?

Aïe ! aïe ! aïe ! Je sais. Rien que le terme, ça vous colle une envie irrépressible de partir en courant dans l’autre sens. D’ailleurs, certains centres, bien conscients de la chose, le rebaptisent charitablement hameçonnage ou repérage. En effet, il se peut que votre chirurgien demande l’installation d’un harpon avant de procéder au retrait de la masse au niveau de votre sein le jour de l’opération. Cette technique permet de marquer, à l’aide d’un fil métallique, la position exacte d’une anomalie suspecte, impossible à repérer par palpation, qui permettra au chirurgien de la retirer lors de l’opération. Le fil sera enlevé en même temps que la masse lors de la chirurgie. Certains établissements procèdent à sa pause la veille de l’opération, d’autres le jour même, quelques heures avant. C’est généralement un radiologue qui est en charge de ce geste préopératoire. Cette technique de repérage, pratiquée avant tumorectomie, est largement pratiquée en France et son utilité n’est pas à remettre en question. Elle permet aux femmes de pouvoir bénéficier en plus grand nombre de chirurgie conservatrice (c’est-à-dire de vous permettre de garder votre vrai néné malgré le cancer). Quant à la technique, elle n’a rien de barbare quand elle est pratiquée sous anesthésie locale (tout au plus désagréable). Détails ET Avertissements

La technique du ganglion sentinelle

Cette technique permet de vérifier si le cancer s’est propagé du sein vers les ganglions lymphatiques et permet également de déterminer l’étendue du cancer (stade). Le matin de la chirurgie, on injectera un produit radioactif dans le sein qui permettra au chirurgien de repérer le premier ganglion de la chaîne ganglionnaire au moment de l’opération ; ce geste est souvent complété lors de l’intervention par une méthode colorimétrique (bleu de méthylène). L’analyse du ganglion sentinelle se fait au bloc en peropératoire (examen extemporané) et dans un laboratoire anatomopathologique. Vous recevrez vos résultats définitifs deux à trois semaines après, lors de votre visite de contrôle chez le chirurgien. Si le ganglion sentinelle ne contient pas de cellules cancéreuses, le chirurgien laissera les autres ganglions en place. Toutefois, s’il y a présence de cancer dans le ganglion analysé, une seconde opération est programmée en même temps que la tumorectomie pour prélever le reste de la chaîne ganglionnaire (curage axillaire) ou différée quelques jours plus tard.

La tumorectomie ou la mastectomie partielle (Chirurgie mammaire conservatrice

Cette intervention consiste à retirer la tumeur identifiée ainsi qu’une partie du tissu sain qui l’entoure (marge). Cette chirurgie permet à la femme de garder la plus grande partie de son sein. L’intervention est généralement courte (une demi-heure environ) et pratiquée sous anesthésie générale.

La mastectomie ou mammectomie ou ablation

Cette intervention chirurgicale consiste à retirer tout le sein, le mamelon ainsi qu’une partie de la peau. Elle peut être complétée d’un curage axillaire des ganglions. Les nerfs et les muscles du thorax demeurent en place. L’opération prend environ une heure et est pratiquée sous anesthésie générale. Selon les cas, une reconstruction mammaire pourra être envisagée dans le même temps chirurgical ou plus tard (selon vos désirs, mais aussi en fonction des traitements complémentaires envisagés).

La mastectomie radicale modifiée

C’est une ablation incluant le mamelon, une partie de la peau, certains ganglions lymphatiques de l’aisselle et le revêtement des muscles du thorax. Les nerfs et les muscles demeurent en place. L’opération prendra environ une heure et est pratiquée sous anesthésie générale. Une reconstruction mammaire est possible suite à cette chirurgie. Étrangement, les suites opératoires de cette intervention sont peu douloureuses (physiquement). Les douleurs sont beaucoup plus souvent liées à un éventuel curage axillaire.

La pose du cathéter / chambre implantable / PAC / Port-À-Cath / Site

Si une chimiothérapie est envisagée, il vous sera généralement implanté un cathéter sous la peau (en haut du torse) qui restera en place pendant tous les soins et qui permettra à l’équipe de vous administrer les produits en épargnant vos veines. Elle se fait ou en ambulatoire, sous anesthésie locale, ou au cours de la chirurgie mammaire, sous anesthésie générale. En ambulatoire, ce geste n’est pas à proprement parler douloureux, mais vu le contexte, il est souvent source d’une grande tension nerveuse. Il vous sera proposé une pré-médication pour vous détendre. Vous pouvez prévoir Ipod, baladeur pour vous épargner les sons de l’intervention. Le temps opératoire est assez court (quinze à trente minutes). Prévoyez un programme léger pour le soir et le lendemain de la pose en raison des raideurs du cou. Avec de simples antalgiques, les douleurs se gèrent correctement.

Le PICC-Line

Si pour une raison ou une autre la pause du PAC n’est pas possible, il pourra être envisagé la pause d’un cathéter à émergence cutanée, généralement dans le bras, beaucoup moins pratique (bain interdits, changements de pansements réguliers, surveillance accrue etc…), mais qui a quand même le mérite d’exister en deuxième intention. Attention : une petite mode émergente consiste à proposer le PICC-Line en première intention (Ça coûte moins cher, c’est plus rapide, parfait pour les centres-usines qui chantent le « au suivant » sans beaucoup d’intérêt pour le confort du patient loin de là. Certains centres poussent même le bouchon en confiant cette pose aux infirmiers. Plus de détails chez Stockolm À la fin des traitements (chimio et/ou rayons), plusieurs options, plusieurs écoles : certains médecins proposent le retrait du cathéter environ trois mois après la fin du protocole, d’autres vous conseilleront de le laisser en place encore pendant quelques mois. Bien sûr, certains critères médicaux imposeront plus ou moins la marche à suivre, mais s’il n’y aucun impératif précis, c’est à vous que reviendra le choix de garder ce petit boitier en place ou non. Son retrait se fait en ambulatoire, est extrêmement rapide et n’est pas douloureux.

Avant l’intervention (tumorectomie/Mastectomie/Reconstruction)

– Prévoyez, pour l’hospitalisation, des tenues pratiques, qui s’ouvrent sur le devant. Cela facilite la vie à tout le monde, vous en tête. – Si vous devez avoir une ablation et que vous ne procédez pas à la reconstruction immédiate, essayez, munie d’une ordonnance de votre médecin, d’aller commander votre prothèse externe avant l’intervention chirurgicale. Tous les établissements ne fournissent pas la prothèse plume (prothèse mammaire en mousse donnée en dépannage). Ainsi, vous n’aurez plus qu’à passer à la boutique de matériel médical en sortant et à procéder à l’essayage. Si vous avez choisi la reconstruction immédiate, pensez à acheter un soutien-gorge de maintien (sport, qui s’ouvre par devant et sans armatures), plus pratique et surtout, qui soulage fortement les tensions de départ. N’hésitez pas à dormir avec si cela vous soulage.

Points importants à savoir suite à l’intervention

Une perfusion sera installée avant l’opération. Elle permettra de passer les différents médicaments (anesthésiants, anti-douleurs, etc.) sans avoir à subir une piqûre à chaque fois. – Lever. Il est préférable qu’une infirmière assiste à votre premier lever. Les petits malaises lors de ce changement de position sont fréquents. – Repas. Selon votre tolérance, vous pourrez prendre un repas léger dès le soir de l’intervention. Il est conseillé de boire beaucoup et de consommer des aliments riches en fibres afin de limiter la constipation souvent occasionnée par les médicaments prescrits contre la douleur et la position allongée prolongée. – Pansement. Un pansement compressif recouvrira le site opératoire. Des indications vous seront données lors de votre sortie pour son changement (infirmière à domicile ou non). Les points de suture résorbables qui se trouvent en dessous ferment la plaie jusqu’à la guérison complète. Ils disparaîtront après environ trois semaines mais il est possible que le chirurgien utilise un autre type de suture. Dans ce cas, les points seront enlevés lors de votre prochain rendez-vous. – Soins d’hygiène. Il ne faut pas mouiller votre pansement (sauf si la nature du pansement le permet et qu’on vous a bien précisé que c’était possible). Une douche est généralement permise 72 heures après votre opération. Lorsque vous pourrez prendre votre douche, évitez de diriger le jet d’eau sur la plaie, dirigez-le plus bas (au niveau du ventre). Épongez votre plaie sans la frotter et sans la comprimer. Vous pourrez porter un soutien-gorge pour le confort, mais il ne doit pas comprimer la plaie, contenir des armatures ou être source de douleur. – Douleur. Les interventions qui ne touchent que la région mammaire (tumorectomie, mastectomie) sont en général peu douloureuses. Le curage axillaire est plus souvent mis en cause dans les douleurs post-opératoires. N’attendez pas qu’elles soient fortes pour les signaler aux infirmières. Une douleur bien installée est plus difficile à contrer. – Reprise des activités. Éviter de pratiquer la natation et tous les sports qui mobilisent les bras pendant environ trois semaines. Éviter les charges lourdes côté opéré. – Drains ou redons. En cas de mastectomie totale ou mastectomie radicale modifiée et/ou un curage axillaire, un ou plusieurs drains seront en place à votre réveil dans la région où se trouvait le sein et/ou sous le bras. Les drains permettent d’évacuer le sang ou le liquide lymphatique durant la convalescence. Un pansement recouvrira le site du drain. Les drains seront retirés une fois que les écoulements seront minimes. Cela conditionne bien souvent la date de votre retour à la maison mais il arrive qu’on vous laisse repartir dans votre sweet home avant leur retrait. Des soins infirmiers à domicile seront alors indispensables. –  Si vous êtes sujette aux problèmes de circulation sanguine, signalez-le : le port de bas de contention sera indispensable tant que vous n’aurez pas repris une activité physique normale – Kinésithérapie. Il vous sera souvent prescrit de la kiné après ce type d’opération. On doit au minimum vous montrer quelques exercices basiques à faire chez vous pour rapidement remobiliser  le bras et vous indiquer les précautions à prendre, particulièrement en cas de curage axillaire.  Si votre bras gonfle, signalez-le rapidement à votre médecin. Il peut s’agir d’un lymphœdème : c’est l’accumulation anormale de liquide lymphatique suite à un évidement axillaire qui cause une inflammation au niveau du bras et de la main. Afin d’éviter son apparition, il est primordial pour les femmes ayant eu un curage axillaire, et ce, même s’il y a une douleur, de faire des exercices adaptés. – Points à surveiller . Effets secondaires possibles. Si vous ressentez un ou plusieurs de ces symptômes, contactez votre centre : • Douleur persistante au niveau du sein non soulagée par la médication prescrite ; • Rougeur, chaleur, gonflement, écoulement au niveau du sein ; • Température buccale supérieure à 38,5° C (101,3° F) ; • Raideur ou faiblesse du bras ou de l’épaule du côté opéré (des séances de kiné vous aideront à les compenser). – Il arrive qu’il soit nécessaire d’effectuer une ou deux ponctions quelques jours après l’opération si trop de lymphe s’accumule sous la cicatrice. Ce geste se pratique dans le service qui vous suit, en ambulatoire. C’est rapide et indolore. N’hésitez pas à contacter le service qui vous a pris en charge en cas de doute (gonflement, tension gênante).

 La reconstruction mammaire

Mon intervention sur le Magazine Maxi à ce propos Même si physiquement, une mastectomie est en soi tout à fait supportable (peu de douleurs physiques sont directement liées à cette intervention), il n’en va généralement pas de même pour nos petites caboches. Dans les représentations collectives, ce sein est un tel symbole de féminité, de maternité, de séduction, que les femmes qui doivent subir cette perte connaissent bien souvent une blessure psychique intense, d’autant plus difficile à vivre qu’elle est totalement liée à leur intimité, à l’image qu’elles ont d’elles-mêmes et que peu de personnes, même parmi les plus proches, oseront aborder le sujet sans craindre de blesser plus encore. Une mutilation donc bien souvent vécue dans un silence terrible et dévastateur. Certaines parviendront à faire le deuil, à accepter cette nouvelle image et apprivoiseront doucement l’étrangère qu’elles croiseront tous les matins dans le miroir après l’ablation. D’autres non. Pour ces dernières, la médecine est aujourd’hui en mesure de proposer ce que l’on nomme, dans ce contexte particulier, la reconstruction mammaire. Mais même parmi celles-ci, bien peu franchissent encore le pas. Seulement environ 30 % des femmes mastectomisées ont recours à ces techniques de reconstruction en 2013. Bien souvent, la peur de souffrir à nouveau, d’obtenir des résultats médiocres, de repasser par des étapes de chirurgie lourdes ou douloureuses, la méconnaissance des techniques utilisées, les dépassements d’honoraires de plus en plus pratiqués dans ce secteur chirurgical conditionnent ce refus. Sachez que dans ce domaine, les choses évoluent de façon spectaculaire depuis ces dernières années, que les options proposées sont de plus en plus nombreuses et que des progrès incontestables ont été faits sur les résultats esthétiques. Il n’y a bien sûr pas de prosélytisme à faire, dans un sens comme dans l’autre. Il n’y aucune gloriole à tirer du fait que l’on assume d’être une amazone ou du fait que l’on ait eu le courage de retourner sur le billard. Ce qui compte, c’est de prendre ses décisions en fonction de son ressenti et des options médicales qui vous sont proposées. Un conseil si vous vous lancez dans l’aventure : demandez plusieurs avis et des devis avant de choisir votre chirurgien. Oui, le mot écorche un peu les oreilles. On a l’impression de parler d’un vieux tas de tôle froissée qui va s’offrir une deuxième jeunesse chez le garagiste ! Mais il faut être réaliste. Comme sur n’importe quel marché porteur, vous croiserez un petit peu de tout : des pros compétents et hors de prix, des vraies brelles tout aussi chères, des magiciens qui ne prennent aucun dépassement d’honoraires, etc. La gamme est très large. Faites marcher le bouche à oreille, demandez conseil à vos médecins, mais essayez aussi d’entrer en contact avec des patientes qui ont déjà procédé à leur reconstruction. Et au cas où vous jetteriez quand même votre dévolu sur un praticien pratiquant le dépassement d’honoraires, demandez à votre mutuelle ce qu’elle va prendre en charge exactement. Il est plus prudent d’avoir une vue bien nette de la facture finale. Je précise cependant que votre pathologie n’a rien à voir avec le syndrome des pépettes siliconées. Vous n’allez pas procéder à de la chirurgie esthétique mais bien à une chirurgie réparatrice. Ce qui ouvre droit à un remboursement à 100 % sur votre reconstruction, du remodelage du sein jusqu’à la finition aréole-mamelon, en passant par l’éventuelle symétrisation. Il existe des médecins spécialisés extrêmement compétents et dont les honoraires sont intégralement remboursés ! Si, si ! J’en ai même rencontrés ! Je ne vais pas vous détailler par le menu toutes les techniques existantes. Des fiches explicatives très bien faites vous seront remises sur demande dans les centres anti-cancéreux. Des articles, forums, dossiers consacrés à ces différentes techniques fleurissent un peu partout sur le net. De plus en plus de centres dédient des pages bien illustrées sur leurs sites professionnels. Attention : la mode est à la reconstruction mammaire immédiate. Sous prétexte d’épargner aux femmes une période douloureuse psychiquement (période amazone), nombre de chirurgiens/oncologues encouragent les patientes à se faire reconstruire dans le même geste opératoire. Tous les chirurgiens ne sont pas des plasticiens. Si c’est le cas du vôtre, ok. Dans le cas contraire, méfiez-vous…

Plusieurs liens intéressants

Un petit résumé des différentes techniques existantes avec avantages, inconvénients, sur le site de La Maison du Cancer : Un article sur la technique qui a le vent en poupe : La Maison du Cancer « Le lipoffilling » Deux sites dédiés au DIEP (Deep Inferior Epigastric Perforator flap), c’est-à-dire le lambeau des perforantes épigastriques inférieures, est une technique microchirurgicale de reconstruction mammaire par greffe autologue, ne laissant pas de séquelle sur le site donneur. Technique en pleine évolution mais spécialité qui regroupe encore peu de praticiens en France) : DIEP ASSO ou DIEP MEDICALISTES Si vous n’êtes pas adepte d’internet, je vous recommande la lecture d’un magnifique bouquin, écrit par le Professeur Pascal Bonnier, superbement illustré, qui parle de la maladie, mais sans rien cacher, ni cicatrices, ni mutilations ; qui montre les résultats obtenus selon chaque technique de reconstruction existante, sans tabou, sans militantisme. Il donne à voir ce qu’on ne peut que très difficilement imaginer : J’ai un cancer du sein. Et après, éd. Romain Pages.

MON EXPÉRIENCE PERSO : Le grand dorsal

J’ai bénéficié de la reconstruction dite « par lambeau du grand dorsal » en janvier 2009. Ma dernière irradiation ayant eu lieu en 2002, ma peau était de bonne qualité, mais bien que taillant un modeste 90B, il n’y en avait pas assez pour songer à l’implant d’une simple prothèse. Cette opération est assez lourde, demande à accepter l’ajout d’une nouvelle cicatrice (dorsale cette fois-ci), présente un risque de nécrose (et impose donc pour les fumeuses, un arrêt du tabac deux mois en amont et deux mois en aval pour éviter cet écueil) et une perte relative d’autonomie physique. On me l’avait vendue comme sans séquelles physiques pour les pratiques sportives ; je mettrai quand même un petit bémol à l’enthousiasme médical : certes, j’ai pu, deux mois et demi après l’opération, reprendre une activité nautique assez intense (un kilomètre de nage cinq fois par semaine), mais dans la vie quotidienne, même un an après, j’étais encore très gênée dans tous les gestes qui demandaient une traction (descendre une échelle, tirer un placard lourd, faire les vitres, passer la serpillière…). J’avais également la sensation permanente, même nue, de porter un soutien-gorge trop serré, le muscle du grand dorsal qui passait sous mon bras gauche étant extrêmement tendu. Mais comme malheureusement, pour cause de récidive, cette reconstruction a dû elle aussi être retirée, je n’ai certainement pas assez de recul pour avoir un point de vue tout à fait fiable. Le résultat esthétique était bluffant et pour moi très satisfaisant. Ma chirurgienne est réellement une petite virtuose du bistouri et possède un œil sûr : je n’ai même pas eu à faire d’opération de symétrisation pour mettre faux et vrai nénés au diapason. Si vous optez pour cette technique, résistez à la tentation de l’immobilisme. Il est très important de mobiliser votre bras très rapidement (kiné, piscine dès que la cicatrisation le permet). Il arrive qu’il y ait besoin d’une ou deux ponctions de lymphe au niveau dorsal dans les quinze jours suivant l’opération. Celles-ci ne sont pas douloureuses, donc pas d’inquiétudes inutiles. Ne vous formalisez pas sur les cicatrices et les différences de teintes peau du dos/peau du torse. Un an après, tout cela s’estompe énormément et l’ensemble devient harmonieux. Vous aurez également à faire un choix pour les finitions aréole-mamelon. L’aréole peut s’obtenir par greffe d’un bout de peau prélevé sur l’aine ou par tatouage. Le mamelon se reconstruit aussi de différentes manières : tortillon de la peau en place, greffe de la moitié de l’autre mamelon, greffe d’un bout d’oreille, de grandes lèvres, d’orteil…). Pour ma part, j’avais opté pour le tatouage (qui me plaisait car rectifiable et la greffe de la moitié de l’autre mamelon (bluffant de naturel et pas du tout mutilant en ce qui me concerne pour l’autre sein – encore heureux d’ailleurs vu la suite des événements !) Je n’avais pas opté, sur le conseil du chirurgien qui a procédé à mon ablation, pour la reconstruction immédiate, et ce, pour plusieurs raisons : 1° Car comme lui, je pense qu’un temps de deuil est nécessaire. Le sein reconstruit n’est qu’une illusion physique, un confort pratique retrouvé, une réparation de silhouette. J’avais trop peur de faire une comparaison peu flatteuse avec le survivant et du coup de mettre beaucoup de temps à l’accepter. J’ai laissé passer un an entre ablation et reconstruction, et j’ai ainsi pu bien dissocier le chagrin de la perte et la joie des retrouvailles. 2° Parce qu’un chirurgien apte à procéder à une ablation ne l’est pas forcément pour procéder en spécialiste à la reconstruction par grand dorsal. Je préférais, et de loin, avoir affaire à un chirurgien-plasticien, qui a mis toute son énergie dans l’approche de la perfection esthétique durant sa formation

Article suivant : Après une ablation et un curage axillaire

 

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