La radiothérapie

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1. Avant la radiothérapie

Pour bien cibler les zones à irradier, vous aurez une séance de marquage sur la peau (ou indélibile, par tatouage, ou au feutre) avant le début de la RT. C’est indolore et rapide.

Attention : Vous avez parfaitement le droit de souffler entre la chimiothérapie (si il y en une avant la RT) et le début de la radiothérapie. Certains centres sont adeptes de la « va que je te pousse » et vous n’êtes pas obligés de céder à leur cadence d’usine à rendement. Le laps de temps usuel laissé entre chimio et RT est de 3 semaines à peu près.

Surveillance clinique : votre oncologue, avant la radiothérapie, vous expliquera toutes les précautions à prendre, les symptômes à signaler, le déroulement du traitement.

2. Pendant la radiothérapie

A. Effets secondaires sur votre état général

La fatigue.

Moindre que celle induite par la chimio, elle n’en reste pas moins présente : les soins déjà vécus (chirurgie et/ou chimio) ont mobilisé beaucoup d’énergie. Les annonces successives ont généré du stress. Les séances de radiothérapie génèrent elles aussi de l’inquiétude, des déplacements quotidiens et usants, des attentes parfois longuettes (machine en panne, retard planning…)

Une réaction inflammatoire.

Un œdème peut apparaître en cours de traitement. Il est le plus souvent modéré, persiste parfois après le traitement et disparaît au cours de l’année qui suit. Attention au soleil !

B. Effets secondaires spécifiques à la zone traitée

Le plus classique (mais pas obligatoire), c’est l’érythème cutané : cela ressemble à un simple coup de soleil. La peau peut peler et la rougeur peut disparaître après les traitements.

PENDANT LA RADIOTHÉRAPIE

En cours de soins, il vous rencontrera au moins une fois par semaine pour faire le point, vous ausculter et vérifier que tout se passe au mieux. Il établira un compte-rendu de fin de traitement qui sera envoyé à votre généraliste ainsi qu’à ses collègues concernés par votre parcours de soins. Si vous observez, pendant les séances, des modifications de manipulations, de temps d’irradiation qui ne vous ont pas été expliqués au préalable, posez des questions, ne restez pas dans le doute, fort nuisible à votre santé mentale !

– Juste avant chaque séance, évitez de porter du parfum ou autres produits contenant de l’alcool et oubliez les crèmes grasses, les savons classiques. Privilégiez les produits doux et naturels (savon de Marseille sur la zone irradiée). Ne frottez pas les zones traitées.

– Choisissez de préférence des vêtements amples, de préférence en coton, qui ne génèrent aucun frottement.

– Évitez le soleil (et ce pendant l’année qui suit).

– Si apparaissent des suintements, montrez-les à votre onco. Il vous prescrira un produit asséchant adapté.

– Signalez à tout médecin rencontré en cours de traitements que vous êtes en radiothérapie. Il évitera de vous prescrire des médicaments photosensibilisants.

C. Effets secondaires possibles à plus long terme

– Perte de souplesse de la peau, et/ou un œdème.

– Des douleurs au niveau de la zone traitée.

– Une couperose de la peau, qui apparaît 18 mois à deux ans après la fin de l’irradiation. On parle de télangiectasies. Ce sont des petits vaisseaux superficiels dilatés.

– Des troubles cardiaques

Signalez toutes modifications ou inconfort à votre oncologue lors des visites de contrôle.

3. Radiosensibilité : signes d’alerte et solutions

La plupart du temps, fort heureusement, la radiothérapie se déroule sans trop de bobos : quelques échauffements, rougeurs, démangeaisons, peuvent apparaître et souvent seulement en fin de traitement.

Il arrive cependant que cela se complique un peu si la patiente se révèle être radiosensible. Point n’est besoin de psychoter, mais il est utile de savoir reconnaître les signes qui doivent vous mettre en alerte. Je vous joins ici les conseils de Petitechose et de Véribode, Impatientes, qui ont malheureusement connu les déboires de ces réactions cutanées aiguës :

Témoignage de PetiteChose (Impatiente)

Mes petits trucs :

– dès la première séance, s’il y a une impression de grésillement dans le sein, on ne se dit pas « c’est psy, c’est moi » on se dit : «oups, il se pourrait que je sois radiosensible » (très rare) ;

– si réaction coup de soleil au bout de 5 séances, on commence à en parler sérieusement à l’oncologue (ça peut être mauvais signe) ;

– si la fatigue s’installe, si on perd du poids, on demande avec insistance une prise de sang et au besoin, on fait grève pendant une semaine. J’ai eu la grande chance d’être suivie par un super onco (qui a envoyé paître les idées reçues sur le psychotage des cancéreux) et des opératrices attentives.

Pour la peau (lucite radique : brûlures, boutons et démangeaisons) :

– on se coupe les ongles (courts, très courts) car on se gratte la nuit (ou on dort avec des gants) ;

– se laver avec Xémose Syndet (Uriage) nettoyant doux, peaux très sèches, peaux tendance atopique (très important, ce qui me soulageait le plus) ;

– pommade calendula, Lab. Boiron le soir au coucher (tant pis pour le linge, c’est gras) ;

Exiger même si il n’y a que de petites brûlures sèches Hydrosorb 10×10 pansement hydrocellulaire en gel (peu connu, cher, remboursé, à commander dans les pharmacies) des Lab. Hartmann.

On peut porter ce pansement avant d’aller à la séance, il n’y a pas de problème. Le pansement « mange » la chaleur, évite les frottements et permet de garder un soutien-gorge car il absorbe les chocs, les serrements, etc.). J’ai porté ce pansement jusqu’à mi-août et ma dermato m’a assuré que je n’aurais aucune marque (un vrai miracle, car c’était très vilain). Il y a des pommades à la cortisone mais je ne peux en parler (je n’ai pas droit à la cortisone).

Pour les atteintes générales (mon cas), c’est rare mais ça arrive :

– insister sur le fait que ce n’est pas psy, mais purement physique, car on culpabilise, on se prend pour une chochotte, on se secoue, mais on va mal et cela peut devenir sérieux ;

– Manger de la viande rouge (oui, je sais c’est un gros mot pour le cancer du sein mais il faut tenir et les réserves fondent avec l’hyperpigmentation et l’inflammation) ;

– Homéopathie (j’étais mieux en 2 jours) : Apis mellifica 9 ch, radium 9 ch, Arsenicum Album 9 ch : 5 granules de chaque 3 fois par jour.

Pour les petits malaises (réels et pas dans nos têtes…), avoir des gâteaux secs en permanence et des bonbons à la menthe, personnellement, je mangeais un peu juste avant la séance et buvais un café. J’évitais ainsi la nausée, les maux de tête et le vrai malaise. Je n’ai pas de solution pour la fatigue, ni pour la fatigue causée par le fait de se nourrir (mon mari me faisait m’étendre la dernière bouchée avalée car je devenais livide), j’ai fractionné, j’ai chargé en chocolat mais vraiment rien à faire sauf s’allonger…

Témoignage de Véribode (Impatiente)

RADIOTHÉRAPIE ET BRULÛRES

Voilà maintenant 2 semaines que la radiothérapie sur la zone mastectomisée est terminée. 20 séances sur 25 ont été réalisées avec un bolus (sorte de plaque posée sur la zone irradiée qui permet d’optimiser le traitement en surface de la peau). Résultat : j’étais complètement brûlée, avec des zones désépidermisées et suintantes. Ne pouvant entamer aucun traitement local tant que les séances n’étaient pas terminées, j’ai dû me contenter d’éosine aqueuse pour assécher les lésions suintantes et Dexeryl sur le reste pour maintenir une certaine hydratation.

Maintenant que la radiothérapie est terminée, je m’en suis remise aux petites mains de ma bonne fée, infirmière stomathérapeute (spécialisée entre autres dans la cicatrisation dirigée). Le résultat a été spectaculaire. Dans un premier temps, poudre Orahésive® sur les lésions suintantes et mise en place d’un pansement à base de plaques hydro-cellulaires qui recouvre l’ensemble de la zone irradiée (dispositif à laisser en place 4 à 5 jours). Au retrait, miracle, les zones à vif ont disparu. Deuxième étape, favoriser la détersion (élimination de la pellicule de peau sèche) par la mise en place de plaque d’hydrogel (Hydrosorb comfort des Laboratoires Hartmann) sur toute la zone. Ce pansement est à laisser en place 7 jours maximum et à renouveler jusqu’à complète détersion.

N. B. : pensez à vous faire prescrire les dispositifs sur des ordonnances pour affection longue durée.

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  1 comment for “La radiothérapie

  1. Lolo
    mai 27, 2014 at 9 h 32 min

    Merci pour toutes ces précisions. Comme beaucoup de patients/tes, j’ai traversé toutes ces difficultés (fatigue extrême, nausées, vomissements, brûlures de la peau, hypersensibilité et cloques….).
    Mon oncologue, comme les infirmières n’avaient, quand je leur parlais de tous ces symptômes, quand je leur montrais mes énormes cloques que des « ah, jamais vu ça »!
    Euh, non je ne vois pas ce que vous pourriez mettre dessus!
    Conclusion, 3 mois de cicatrisation de mon dos (irradiation par devant), et décision personnelle de « risquer » crème et pansements. Car vu le genre de saleté de maladie, on n’ose pas du tout s’improviser en la matière….. Donc merci, merci

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