Comment pose-t-on un diagnostic et établit-on un protocole de soin?

p'tit manuelArticle précédent : Les blouses blanches, des alliés à choisir

Examens

Le repérage d’une anomalie des tissus mammaires se fait généralement par différents biais : palpation, mammographie et/ou échographie et/ou IRM et/ou scanner. Lorsque l’on découvre un nodule, un ganglion suspect, que ce soit au niveau du sein lui-même ou au niveau de l’aisselle, un ou plusieurs examens pourront être nécessaires pour poser le diagnostic :

– une biopsie (à l’aide d’un pistolet spécialement conçu à cet effet lors d’une consultation ou au bloc opératoire)

– une tumorectomie (au bloc opératoire, pour prélèvement d’une zone touchée par des microcalcifications ou prélèvement d’un nodule palpable). Au cours de ce geste opératoire, on procède souvent à un examen extemporané (analyse de prélèvements au cours de l’intervention) afin d’orienter la suite de l’intervention.

Selon les résultats, il pourra être décidé de :

– suspendre l’acte chirurgical

– procéder à une simple tumorectomie

– procéder à l’ablation du sein (mastectomie)

– procéder à un curage axillaire (prélèvement de ganglion(s) sous l’aisselle).

Les résultats d’anatomie pathologique

Ce sont les résultats d’analyses des prélèvements effectués qui vont éclairer vos oncologues et les guider dans le choix du protocole de soins qui vous sera administré. Le vocabulaire des comptes-rendus de l’anapathologiste est difficile à appréhender. Demander à votre cancérologue de vous en expliquer au moins les grandes lignes : par quel type de cancer vous êtes touchée, son grade histo-pronostic SBR, si il est hormono-dépendant, etc. Il est important de pouvoir donner ces renseignements à tout autre soignant susceptible de vous prescrire des ordonnances.

Parmi les critères détaillés dans les résultats d’analyses, ceux qui sont considérés comme les plus importants sont l’envahissement ganglionnaire, la taille de la tumeur et le grade SRB et l’hormono-dépendance. (Ne confondez pas GRADE ET STADE)  Ils conditionneront fortement le choix des protocoles à mettre en place. Une fois que l’équipe de médecins en charge de votre santé sera en possession de ces résultats d’anatomie pathologique (pedigree de votre crabe), elle établira au cours d’une RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire réunissant onco -, psycho -, radio – et plein d’autres Docs en … logue) la feuille de route de votre prise en charge. Votre oncologue vous annoncera alors quel protocole de soins vous sera administré et dans quel ordre chronologique:

- type d’intervention(s) chirurgicale(s)

- et/ou radiothérapie

- et/ou chimiothérapie

- et /ou hormonothérapie.

Les types de cancer du sein

Rapidement, vous allez apprendre que le cancer du sein, c’est le patronyme d’une grande famille, mais que chaque membre de la fratrie a son propre prénom, son petit caractère bien à lui et que par conséquent, on l’abordera avec des stratégies différentes et adaptées au profil de chacun.

On peut diviser les cancers du sein en deux grands groupes :

– Le cancer non invasif ou in situ (il touche seulement les canaux galactophores) ;

– Le cancer invasif ou infiltrant (qui se diffuse dans les tissus autour des canaux).

Attention : invasif ne signifie pas métastasé ; seulement qu’il se diffuse dans les tissus du sein autour des canaux.

Le non-cancer invasif

Carcinome canalaire in situ : c’est le plus fréquent des cancer non-invasif. C’est une forme de cancer en tout début de formation.  D’ailleurs, certains professionnels vous diront que l’appellation « cancer » dans ce cas est abusive, qu’il s’agit plutôt de cellules « pré-cancéreuses ». Le cancer in-situ ne se dissémine pas. Traité, il est le plus « facile » à éradiquer définitivement.

Les cancers invasifs

– Carcinome canalaire infiltrant

– Carcinome lobulaire infiltrant

– Carcinome inflammatoire

– Autres carcinomes, plus rares (papillaires, médullaires, colloïdes ou mucineux, tubulaires)

– Maladie de Paget

Demandez à ce qu’on vous décline clairement l’identité du vôtre. Cela fait partie des choses que votre Docteur a mis des années à étudier. Ce serait bête qu’il ne vous fasse pas profiter un tout petit peu de son immense savoir.

Après tout, quand est proprio, il est assez logique de prendre quelques renseignements sur ses locataires !

Article suivant : Les différents types d’interventions chirurgicales

Partagez

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *