Après une ablation et un curage ganglionnaire

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Prothèses externes

Si vous n’avez pas opté pour la reconstruction immédiate, vous allez devoir vous mettre en quête d’une prothèse externe (magasins spécialisés en matériel médical), sauf bien sûr si vous décidez d’assumer pleinement votre asymétrie ou la vaste plaine. Seule la prothèse adhérente Amoena bénéficie d’un remboursement à 100 %. Si votre choix se porte sur un autre modèle, la prise en charge sera de 69,75 euros quel que soit le prix payé. Les mutuelles prennent en charge tout ou partie du reliquat à votre charge. Faites donc faire un devis avant tout engagement. La prothèse Amoena Contact bénéficie d’un remboursement différent. Elle a fait l’objet d’études cliniques qui ont démontré l’amélioration de la qualité de vie de la femme opérée. Le Ministère a donc accordé en mars 2005 un remboursement de 160 € pour une prise en charge à 100 % du tarif sécurité sociale. Son prix de vente public est limité à 160 €. Attention donc aux arnaques, même dans les boutiques spécialisées ! Si on vous propose un autre modèle sous prétexte que celle-là ne peut être posée qu’après un délai d’un an (vis-à-vis des assurances), ne cédez pas aux sirènes. Vous pourrez parfaitement la porter en non-adhésive le temps qu’il faudra ! Il suffira pour cela de vous munir de soutien-gorge adapté (pochettes).

Précisions de Mdgl, impatiente

La prothèse Amoéna contact est bien la seule remboursée à 100 % par la sécu. En théorie, dans la législation, la sécu ne la rembourse qu’au-delà de 3 mois après la fin des traitements (chimio et/ou rayons). Comme il n’y a pas de contrôle, et que a priori certains professionnels ne sont pas au courant, cela explique pourquoi certaines d’entre nous ont pu l’acheter même pendant les traitements. Sauf qu’en cas de contrôle, si les trois mois après la fin des traitements ne sont pas respectés, vous devez rembourser votre prothèse à la sécu et le vendeur, qui est sensé être au courant risque de perdre son agrément. De plus, on a droit à un remboursement de prothèse par an. Concrètement, dans l’année du Cancer, juste en post-soins, on ne peut acheter légalement qu’une non contact, et il faut attendre l’année suivante pour la contact. Mais, et a priori la professionnelle m’a dit que c’était fréquent, quand il ne reste qu’un seul sein, ce dernier a tendance à grossir. Donc la prothèse non contact du départ n’a plus le bon volume. Il est donc possible, avec un certificat médical indiquant un changement de morphologie d’acheter une autre prothèse (et là on prend la contact) dans la même année. Finalement, il n’y a plus de problème. Deux prothèses (une non contact et une contact) la même année, c’est possible, en étant remboursée par la caisse. Pour connaître les dépositaires Amoena de votre région : LIEN

La kinésithérapie

Il vous sera généralement prescrit de la kinésithérapie après une mastectomie et/ou un curage axillaire. Il faut en effet remobiliser le bras assez rapidement pour ne pas garder de séquelles (manque d’amplitude, raideur…). Dans certains centres, vous aurez la visite d’un kiné dès le lendemain de l’opération qui viendra vous montrer quelques exercices doux, mais réguliers, à pratiquer chez vous. Le kiné pourra également, après cicatrisation complète, procéder à des massages lents mais appuyés sur vos nouvelles coutures (indolores). Cela évite les adhérences et participe au bon résultat esthétique. C’est d’ailleurs un soin quotidien que vous pourrez vous administrer vous-même, qui consolidera son travail, vous aidera à vous réapproprier cette région de votre corps malmenée et améliorera la souplesse de votre peau (fortement souhaitée en cas de reconstruction mammaire différée). Rappel : en période de radiothérapie, aucune application de crème avant la séance. Des vidéos bien faites sur le sujet sont consultables gratuitement sur le site de l’hôpital Saint Louis Réseau Sein

Focus : le lymphoedème

La séquelle postopératoire la plus redoutée par les patientes lorsqu’elles ont subi un curage axillaire, c’est ce qu’on appelle couramment le syndrome du gros bras. Pour limiter au maximum le risque de connaître cette petite douceur supplémentaire, consultez la liste de recommandations destinée aux patientes susceptibles de développer un lymphœdème sur National Lymphedema Network.  A. Être attentive à tout gonflement du bras, de la main, des doigts ou de la poitrine. Consulter immédiatement dans ces cas. B. Ne jamais permettre une injection, une prise de sang ou la prise de tension artérielle sur le bras concerné. Si vous souffrez d’un lymphœdème bilatéral, faire vérifier votre tension sur la cuisse. C. Sécher très soigneusement le bras et la main après la toilette et utiliser un lotion spéciale pour l’hygiène du bras : Lymphoderm, Eucerin, Curel, etc. D. Ménager le bras touché : ne pas porter d’objets lourds, de sacs en bandoulière du côté atteint, ne pas faire de mouvements brusques et/ou répétitifs (cirer son parquet, faire les vitres, tirer les portes lourdes, etc.) E. Ne pas porter de bijoux serrés autour du bras ou des doigts : changer votre alliance de main ou l’enlever si votre bras gauche est touché. Ne pas retrousser sa manche pour serrer le bras. F. Ne pas exposer votre bras au soleil, ne pas prendre de coup de soleil. De même, éviter les bains chauds ou la vaisselle à l’eau très chaude. Pas de sauna. G. Ne pas dormir sur le bras menacé. H. Le tricot, le crochet sont déconseillés pendant de longues heures consécutives, de même que tout ce qui peut vous ankyloser. I. Éviter toute blessure (même minime) au bras ou à la main du côté concerné : égratignure, coupure, brûlure, coup, piqûre d’insecte, griffure de chat, piqûre de rosier en jardinant, etc. Porter des gants ou une protection adaptée si vous devez faire des travaux susceptibles de générer ces blessures : gants jardinage, dé à coudre, etc. De même, pour vous raser les aisselles, utiliser un rasoir électrique ou une crème dépilatoire pour éviter les risques de coupure sous le bras. Lors de manucures, ne pas couper les cuticules, les repousser avec un petit bâtonnet. J. En avion, porter une manche de compression bien ajustée et des bandages supplémentaires si le trajet est long. Boire beaucoup pendant le voyage. K. Faire de l’exercice est important, mais consulter votre thérapeute. Ne pas fatiguer un bras à risque ; si le bras commence à gêner : se reposer et l’élever. Exercices recommandés : marche, natation, mouvements aérobics légers, vélo, mouvements de yoga ou de ballet spécifiquement conçus. (Ne pas soulever de poids plus lourd que 7 kg). L. Pour les femmes à forte poitrine, porter des prothèses mammaires légères (les prothèses augmentent la pression sur les ganglions lymphatiques du cou). Utiliser un soutien-gorge bien ajusté, pas trop serré et idéalement sans armatures métalliques. M. Attention ! Consulter immédiatement son médecin dans les cas suivants : éruption cutanée, démangeaisons, rougeurs, douleur, augmentation de la température ou de la fièvre. Une lymphangite (infection) dans le bras affecté peut être le début ou la détérioration du lymphœdème. N. Maintenir son poids idéal avec un régime équilibré riche en fibres et en protéines faciles à digérer (poulet, poisson, tofu). Diminuer l’apport alimentaire de protéines ne diminue pas la composante protéique du liquide lymphatique ; mais cela pourrait plutôt affaiblir le tissu conjonctif et détériorer la condition de votre bras. O. Éviter de fumer et de consommer de l’alcool. P. Porter une manche de compression bien ajustée pendant la journée. Consulter tous les 4 ou 6 mois pour un suivi. Si la manche est trop ample, soit elle est usée, soit votre lymphœdème diminue ! Pour compléter ces informations, Karine Sabatier, présidente de l’association des Impatientes, m’a gentiment autorisée à reproduire dans son intégralité le dossier qu’elle a élaboré sur le sujet, consultable également en ligne sur les Impatientes : LE LYMPHŒDÈME : IL N’EST PLUS INÉVITABLE Aujourd’hui, on ne considère plus le lymphœdème comme inévitable suite à une chirurgie du cancer du sein, il peut et doit être traité et ce, de manière personnalisée. Un lymphœdème n’est pas bénin. Non traité, il diminue la motricité du membre, peut atteindre la peau, provoquer des infections chroniques et mener à des complications irréversibles. La réussite du traitement dépend de la combinaison de plusieurs traitements, cette combinaison étant bien évidemment différente d’une femme à l’autre. Le système lymphatique est calqué sur le réseau veineux et est composé de vaisseaux qui drainent 80 % de la lymphe. Il transporte les liquides et les grosses molécules de protéines et des déchets cellulaires. Les petits vaisseaux se rejoignent en plus gros vaisseaux lymphatiques. Le liquide lymphatique est pompé dans ces vaisseaux par les mouvements des muscles et par les contractions des parois des gros vaisseaux lymphatiques. En bout de course, le système lymphatique se vide dans le sang. Le réseau lymphatique participe aux phénomènes infectieux et cancéreux. . Le lymphœdème est donc un dysfonctionnement du système lymphatique, une accumulation de liquide lymphatique dans les tissus conjonctifs qui cause des enflures le plus souvent dans les bras ou les jambes. En outre, le fonctionnement du système lymphatique se détériore avec l’âge.

Grades, types et causes du lymphœdème

Grades du lymphœdème : Grade 1 – léger et spontanément réversible L’œdème est apparent à la pression de la peau (prend la forme de l’objet qui la compresse). Il diminue à l’élévation du membre. Grade 2 – spontanément irréversible La pression des doigts ne laisse plus de marque. La fibrose est installée, marquant le début du gonflement du membre qui commence à durcir. L’élévation du membre ne diminue plus l’œdème. Grade 3 – « éléphantiasis lymphostatique » Le membre est très gros et dur (fibrotique), le gonflement est irréversible. À ce stade, on peut tout de même envisager la chirurgie de débridement. Types et causes du lymphœdème Il existe 2 types principaux de lymphœdème : 1. Le lymphœdème aigu Il est transitoire et dure moins de 6 mois. Il correspond au grade 1. Il se forme après la chirurgie, lorsqu’on a sectionné des vaisseaux lymphatiques. Il disparaît généralement au bout d’une semaine par élévation du bras et des exercices. Le lymphœdème aigu peut aussi être douloureux et se former environ 6 semaines après la chirurgie suite à une phlébite ou à une lymphangite aiguë. Outre l’élévation du bras, il faut aussi prendre des anti-inflammatoires. Ce type de lymphœdème peut aussi être dû aux drains chirurgicaux ou à l’immobilisation du membre. 2. Le lymphœdème chronique C’est le cas le plus courant et le moins facile à résorber. Il commence insidieusement lorsque le système lymphatique endommagé n’arrive petit à petit plus à drainer le liquide lymphatique. Son installation est sournoise car elle est indolore, et ne s’accompagne pas de manifestations externes (rougeurs). De plus, il survient 18 à 24 mois après la chirurgie, quand on ne l’attend plus. S’il se développe plus tard, il faudrait penser à une récidive tumorale. Le lymphœdème chronique peut survenir dans les cas suivants : – Chirurgie ; – Immobilisation du bras ; – Négligence postopératoire pour prévenir le lymphœdème ; – Infection et/ou la blessure des vaisseaux lymphatiques ;… ou plus grave, une récidive de la tumeur ou son extension vers les ganglions lymphatiques. Il peut aussi apparaître suite à une hypoalbuminémie (baisse de protéines dans l’organisme) due à une maladie – comme le diabète, l’hypertension, la défaillance cardiaque, l’insuffisance rénale – ou due à une diminution de l’apport ou de l’absorption de protéines (anorexie, vomissements, dépression, anxiété, chimiothérapie, diarrhées, maladie intestinale, etc.), ou due à une perte des protéines (hémorragie, ascite, épanchements pleuraux, drains chirurgicaux, etc.). La technique de la biopsie du ganglion lymphatique sentinelle pourrait prévenir l’installation du lymphœdème car elle ne détruit pas la chaîne ganglionnaire.

Lymphœdème et lymphangite

• Le lymphœdème est la principale complication chirurgicale du cancer du sein. Il est lié au curage des ganglions sous l’aisselle (ganglions axillaires) du 3e niveau. Mais la fibrose peut aussi apparaître comme conséquence de la radiothérapie axillaire – de plus en plus remplacée par une chimiothérapie exclusive si les ganglions ont été atteints par la tumeur – ou comme conséquence d’une infection à la main (d’où la nécessaire vigilance lorsqu’on bricole / jardine / cuisine / coud, etc.). Aussi appelé gros bras, il peut apparaître immédiatement ou bien dans les 5 ans – après traitement conservateur – et dans les 15 ans après mastectomie. Le membre ainsi atteint est très fragilisé. Il suffit d’un incident mineur (coup de soleil, mouvement brusque ou port de charges) pour favoriser l’engorgement de la lymphe dans le membre et détériorer le réseau lymphatique déjà bien atteint. L’œdème apparaît généralement d’abord sur le bras avant de progresser vers la main. L’œdème devient gênant lorsque la circonférence entre le membre atteint et le membre sain est supérieur à 5 cm. Mou et indolore au début, il peut durcir après inflammation (lymphangite) et il progresse rapidement. À long terme (plus de 10 ans après son installation), dans des cas rares, il peut se transformer en lymphangiosarcome, une très lourde complication, avec une survie de moins de 50 % à 2 ans malgré l’ amputation. • La lymphangite est une infection qui peut se manifester par un ou plusieurs des signes suivants : – éruption cutanée ; – peau rouge ; – sensation de chaleur ; – picotements ; – décoloration ; – gonflement anormal ; – lourdeur, douleur ; … et très souvent apparition soudaine de haute température et de frissons. Dans ce cas, il faut cesser immédiatement tous les traitements du lymphœdème (tous sans exception) et consulter le plus tôt possible. Le traitement prescrit par ce dernier consistera en des antibiotiques. En voyage, il faut toujours porter avec soi des antibiotiques ou une prescription médicale. La lymphangite peut mettre votre vie en danger.

Aspects psychologiques

Le lymphœdème est bien souvent un souvenir perpétuel de la bataille menée contre le cancer du sein. Les femmes qui ont eu un lymphœdème suite à un cancer du sein s’adaptent moins bien à leur maladie car elles ont du mal à reprendre une vie normale, gênées par leur bras qui les fait souffrir. Elles ont par exemple du mal à trouver des vêtements confortables et adaptés, ou à porter des choses lourdes (ce qu’il faut éviter), et le lymphœdème est vraiment handicapant dans la vie quotidienne. L’œdème est souvent sous-estimé (quand il est diagnostiqué) et bien que les traitements existent, le corps médical est généralement mal informé ou peu préoccupé par ce problème qui n’est pour lui qu’un effet de bord. Mais les traitements existent bel et bien et ne pas en bénéficier ne fait qu’augmenter la douleur, le mal-être, la frustration de ne pouvoir utiliser son bras normalement, le tout associé à un sentiment néfaste d’impuissance.

Pourquoi un traitement ?

Traitements Sans traitement, le liquide lymphatique, riche en protéines, continue à s’accumuler dans les tissus, provoquant un gonflement du membre et sa fibrose. Ceci n’est pas une conséquence bénigne car le membre devient alors un endroit idéal pour développer des bactéries ou une lymphangite. Avec le temps, le lymphœdème empirera et diminuera la motricité du membre. Il peut aussi s’étendre à la peau. En réduisant l’oxygène dans le système de transport des protéines, il peut également fournir un milieu de culture bactérienne favorisant les infections, conduisant ainsi à des infections chroniques. Le lymphœdème sévère non traité peut également se transformer en cancer lymphatique, le lymphangioscarome.

Quels traitements ? Contre-indications au traitement du lymphœdème Beaucoup de spécialistes du lymphœdème sont contre ce traitement multi-modes (aussi appelé Thérapie Décongestive Complexe) dans les cas de récidive ou d’invasion métastatique, afin de ne pas favoriser la propagation des cellules cancéreuses via le réseau lymphatique. Il est primordial de demander l’avis de spécialistes avant d’entreprendre un traitement. Plus généralement, voici les autres contre-indications : – toute douleur doit faire cesser le traitement et amener à consulter au plus vite ; – tout gonflement subit et anormal doit amener à consulter car il peut être le signe d’une récidive ; – la lymphangite (infection grave) : arrêter immédiatement le traitement et consulter ; – insuffisance cardiaque : le traitement surcharge le cœur en liquide, les patients doivent donc être suivis de près. Idem pour les patients sous anti-coagulants (risque de thrombophlébite). Il n’y a pas un mais des traitements combinés qui sont d’autant plus efficaces qu’ils sont précoces et réguliers. Toutefois, ce traitement multi-modes a encore du mal à percer dans la communauté médicale. Pour déterminer le type de traitement, on se base sur la grosseur du membre et sur la dureté de l’œdème. Le traitement multi-modes allie alors généralement drainage lymphatique, port de vêtements de compression, exercices physiques et mesures d’hygiène. Dans certains cas, cette thérapie dite décongestive complexe comprend aussi des exercices de respiration (car les mouvements du thorax améliorent le flux lymphatique) et une adaptation du régime alimentaire. Il est important dans tous les cas, de ne pas laisser l’œdème s’installer.

Élévation du bras : pour un œdème léger Pour un œdème léger seulement, l’élévation du bras peut soulager celle qui développe un lymphœdème, la gravité aidant naturellement l’écoulement de la lymphe. Pour un œdème plus important, cette méthode a peu d’effet. L’élévation du bras seule ne constitue pas un traitement efficace du lymphœdème, même si l’on pratique en même temps des exercices bras surélevé. L’élévation du bras procure en fait un soulagement temporaire – l’impression de lourdeur diminue dans cette position – et doit être associée à d’autres traitements.

Drainage Lymphatique Manuel (DLM): soulage mais insuffisant seul Le drainage manuel de la lymphe a pour effet de faciliter la circulation du liquide dans le tissu conjonctif. L’effet d’étirement sur les vaisseaux lymphatiques stimule leur contraction et facilite la circulation de la lymphe à l’intérieur. En outre, le drainage régulier augmente le débit et la quantité des vaisseaux lymphatiques adjacents à la zone congestionnée, et peut effectivement réduire visiblement l’œdème du membre. Le massage doit être pratiqué dans la direction du flot lymphatique par à-coups légers. Le drainage lymphatique doit lui aussi être associé à un programme de traitement de fond. Combiné par exemple à un vêtement de compression, il aide à contenir l’œdème.

Vêtements de compression : incontournables Les vêtements de compression (manche ou un bandage) réduisent généralement efficacement le gonflement et doivent être portés tant que l’œdème persiste et pendant les exercices ou sollicitations du bras. La pression exercée sur la peau fait progresser le liquide lymphatique des tissus vers les vaisseaux pour l’évacuer plus facilement et soutient les muscles qui peuvent à leur tour augmenter la pression pour rétablir le flot lymphatique.

Pompes de compression Elles doivent être utilisées en complément d’autres modes de traitement. Aujourd’hui, les protocoles d’utilisation sont définis au cas par cas, sous surveillance médicale. Pour éviter que l’œdème ne se reporte sur la paroi thoracique, celle-ci doit être drainée par un Drainage Lymphatique Manuel.

Exercices : en association avec d’autres traitements Comme les muscles aident à pomper le flot lymphatique en se contractant, l’exercice est le mode de traitement le plus généralisé. Mais attention à bien doser l’effort et à adopter des exercices spécifiques à chaque patiente car tout excès peut avoir l’effet contraire : augmenter l’œdème. Les exercices sont variés (flexions, rotations, exercices avec poids). Le programme des exercices augmente en intensité sans jamais dépasser le seuil de douleur. La marche et toutes les autres activités physiques douces sont toujours bénéfiques car en respirant correctement pendant l’effort, la pression thoracique diminue et facilite le flot lymphatique.

Traitement médicamenteux : controversé Les benzopyrones (comme le Coumarin) agissent en aidant la décomposition des protéines dans le liquide lymphatique. Utilisé lui aussi en traitement multi-modes, le Coumarin semble donner de bons résultats dans certains pays d’Europe (pour une prise de six mois minimum) mais a été retiré des marchés américains, canadiens et australiens en raison de sa toxicité hépatique et de ses effets secondaires. Les risques associés à la prise de ce médicament doivent être évalués plus précisément. Laser : dans certains cas bénéfique Appliqué sur la région touchée par la radiothérapie ou la chirurgie, il peut dans certains cas, réduire les adhérences (aérer les tissus), favoriser la guérison et diminuer la douleur. Dans certains cas, on a observé un retour de la mobilité du membre ainsi qu’une réduction de l’œdème.

La chirurgie : pas encore au point Rares sont les cas où la chirurgie donne un bon résultat. Elle est généralement envisagée en dernier recours lorsque le traitement multi-modesd a échoué. Quant à la liposuccion, elle aggrave le lymphœdème en détruisant les vaisseaux lymphatiques qui restaient. En fait, le lymphœdème peut même apparaître suite à une chirurgie esthétique.

Le régime pauvre en protéines : inutile Le tissu conjonctif entourant le système lymphatique a besoin de protéines pour fonctionner de manière optimale. Adopter un régime alimentaire pauvre en protéines ne soulage donc pas du lymphœdème. L’excès de graisses, en revanche est à éviter, car l’accumulation de graisse dans les tissus et dans les membres, rend le lymphœdème plus difficile à traiter.

Les diurétiques : inefficaces Les diurétiques favorisent l’élimination de l’eau tandis que le lymphœdème est dû à une accumulation de protéines dans les tissus. Les diurétiques augmentent donc la concentration en protéines, effet plus nocif que bénéfique

Prévention de la lymphangite Il faut consulter immédiatement un médecin si vous avez un ou plusieurs des symptômes suivants : – rougeur et bras très chaud (signe d’une infection qui peut menacer la vie) ; ce cas demande un traitement médical immédiat ; – sensation de peau étroite, qui tire ; – sensation de lourdeur ; – sensation de picotement et d’aiguilles ; – douleur importante ; – gonflement ou augmentation de taille ; – douleur à l’épaule ; – douleur à l’omoplate ; – écoulement de liquide lymphatique par la peau.

La lymphocèle

(source : Compte-rendu de la 32ème journée de la SFPM de Strasbourg, 2010)

La lymphocyte est une « poche » de liquide lymphatique, qui apparait en post-opératoire à la suite d’une brèche au niveau d’un vaisseau lymphatique. Elle peut se situer au niveau du sein ou de la paroi, mais on l’observe le plus souvent  dans l’aisselle. La lymphe contient essentiellement de l’eau, des sels minéraux et de grosses molécules. Elle ne contient pas de facteurs de coagulation permettant de colmater la brèche qui peut être créée lors de la chirurgie et, de ce fait, la cicatrisation est beaucoup plus longue que pour les vaisseaux sanguins.

Les attitudes sont partagées : soit on attend, soit on vidange pas ponction. En fait, le choix se fera en fonction du volume de la lymphocyte et de la gène douloureuse occasionnée. En cas de ponction, les conditions d’asepsie doivent être rigoureuse pour éviter une surinfection, voire un abcès. Classiquement, on considère que la ponction ne doit pas être trop fréquente, le « coussin » provoqué par la lymphocyte servant de pression sur la brèche et aidant ainsi à la cicatrisation. Plusieurs ponctions peuvent être nécessaires. L’évolution spontanée se fait vers la guérison de la plaie lymphatique et la réduction de la poche de lymphe, en quelques semaines ou quelques mois.

En principe, les petites lympocèles ne sont pas ponctionnées,. Dans le cas particulier de la lymphocyte persistante en début de radiothérapie se pose le problème de la zone irradiée qui doit rester constant pendant les traitements pour ne pas modifier les repères. Le plus souvent, on choisit de ne pas ponctionner durant cette période.

Au niveau axillaire, les lymphocytes sont moins fréquents avec l’utilisation de la procédure du ou des ganglions sentinelles par rapport au curage classique mais n’ont pas complètement disparu.

Une lymhocèle, tout comme l’hématome, peut se « chroniciser » et aboutir à une zone de fibrose localisée, parfois sensible, voire douloureuse, spontanément ou seulement à la palpation.

Kinésithérapeuthes spécialisés

Vous cherchez un kiné spécialisé sur le sujet et formé aux techniques de drainage ? Allez visiter le site de « L’association Française des Praticiens en Drainages Lymphatiques Manuels ». Vous y trouverez la liste des professionnels qui se situent le plus près de chez vous.

 

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  3 comments for “Après une ablation et un curage ganglionnaire

  1. moa
    mars 17, 2014 at 6 h 16 min

    Suite a récidive j ai eu une mastectomie avec curage axillaire en mai 2013.Je n ai pas eu de lymphodoeme mais une lymphocele qui ne s est jamais tarie (ponctions,drains..).Au bout de 6 mois le chirurgien décide de me mettre de la colle et ouvre a nouveau.Malheureusement une grosse infection se déclare.Aujourd’hui je suis toujours avec des soins…cela va faire 10 mois que j ai été opérée.A cela s ajoutent de violentes douleurs,des démangeaisons,et l impossibilite de reprendre une vie normale,ni de supporter un soutien gorge.J ai été prévenue que je ne pourrais être reconstruite..La lymphocele c est quoi au juste??? J aimerais savoir EXACTEMENT.A ce jour ma plaie n est pas cicatrisée…Dans les trous qui se forment actuellement,il y a du pus donc pose de mèches avec pansements.Ne pas avancer sereinement m épuise. Merci de me répondre.

    • admin
      mars 17, 2014 at 7 h 31 min

      Moa, j’ai rajouté à la fin de l’article la description de la lymphocèle. C’est une pathologie toujours longue à se résorber, et l’infection dont vous avez été victime rallonge le processus de guérison. Je ne peux malheureusement pas vous en dire beaucoup plus mais j’imagine votre désarroi. J’espère par contre que vos douleurs sont bien prises en charge avec des antalgiques adaptés à votre cas. Si la douleur est chronique, vous devez pouvoir bénéficier d’un traitement de fond. Si ce n’est pas le cas, prenez un rendez-cous dans un centre anti-douleur pour qu’au moins cet aspect-là soit adoucit. Plein de pensées positives pour vous

      • moa
        avril 12, 2014 at 4 h 04 min

        Après avoir rencontre un autre chirurgien,je fais des séances de caisson hyperbare .L oxygène pur améliore la cicatrisation , renforce nos défenses immunitaires et de ce fait agit sur les infections.Les contraintes du caisson,1h30 enfermée,le déplacement, ne sont rien rien a cote du bénéfice espérè,c est ce que je cultive dans ma tête…De la patience encore car ce traitement donne d excellents résultats sur le long terme.Cote douleurs atroce,ça continue malgré la prise de 3g /j d efferalgan codéine.Une irm osseuse est prevue. Merci de m avoir lue Admin.Bon week end.

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