Le canardage des marronniers

Scar projectOctobre, c’est le mois  des nénés, des roberts, des tétons, des berlingots, des obus, des ballochards, des bazoulas, bessons, bossoirs, bzézèls, cadets, calebasses, carapatas, counous, doudounes, gougouttes, loches, lochettes, loloches, lolos, mamelles, mamelons, miches, nénés, nénets, nibs, nibards, nichemards, nichons, nichounets, pelotes, pelottes, petches, pis, roberts, robloches, rondelets, rondeurs, rondins, roploplos, ropoplos, rotoplos, rotoplots, rototots, roudoudous, sboubs, seins, tchoutchs, tétés, tétines, tétins, tétons, tétounes, tettes, titis, titous, totoches, totottes, toutounes, trottinets, des boobs (cette année plus que jamais !), j’en passe et des meilleures.

Bref, la simple diversité des p’tits noms d’oiseaux dont on les affuble  donne une idée de l’importance  que ces attributs féminins ont pour tous nos concitoyen(ne)s.

Faut aussi dire qu’entre ces deux protubérances mammelées viennent se nicher bien des choses : le fantasme masculin par excellence, l’icone de la maternité, le symbole de la féminité (et siouplaît, mesdames, mesdemoiselles, démerdez vous  pour mettre tout ça au balcon sans laisser dégringoler les pochoirs ni choper de migraine !). Mais de temps en temps – une fois sur huit pour être précis – dans le fourbi idéalisé, glorifié, porté aux nu(e)s de ces gentes dames s’invitera une maladie nommée cancer.

Beurk. Quel gâchis de tableau ! Quel manque de savoir-vivre ! Quel injure faite à la plastique gironde de ces nymphes mi-gourgandines mi-madonnes !

Alors il faut lutter. Lutter contre cette invasion barbare qui met en péril ces fières esches de filles d’Ève, les jouets de papa, les sucettes du baigneur et l’argument majeur de tout publicitaire qui se respecte. Au passage également, la vie même de leurs proprios. (oh une broutille hein. C’est un cancer qui se soigne hyper bien qui disent dans le poste. Juste 11 500  décès par an. Que d’chique je vous dis! C’est même moins que le nombre de victimes dont on parle , c’est dire!)

Tout le monde s’y colle : les médias, les asso, les toubibs, les patientes, les labos, les pharmaciens, les hostos, les artistes, les sportifs,  les boutiques, les grandes surfaces, les industriels et même, (si si !), les agences chargées de la santé publique de notre chère patrie.

En tant que crabahuteuse, je devrais sauter au plafond, faire des bonds de marsupilami triomphant et battre des nageoires au son de ce gigantesque tintamarre tout de rose vêtu, orchestré pour rappeler à mes frangines que la bête rode.

Seulement voilà. Comme j’ai mauvais caractère, (un ascendant pitbull bien planqué sous mes airs de Bécassine)   et que j’ai justement eu maille à partir avec l’ennemi du mois, je grizzlise de façon assez compulsive dès que le marronnier canarde.

M’enfin pour quoi, spèce d’emmerdeuse ????

Et bien parce que, globalement, à mes frangines, on leur fait voir ça :

DES HÔTESSES DE L’AIR ou DIX STARS à oualpé of course mais chuuut faut pas l’dire ou ON PHOTOCOPIE LEURS BOOBS

au lieu de ça :

THE SCAR PROJECT

(Hmmm oui, c’est vrai, ça fait glooorps et je vois d’ici blêmir les pépettes, les papas,  les baigneurs et les m’sieurs-séguélas en imaginant qu’on puisse d’un seul coup d’un seul les priver ainsi de leur doudou préféré. Mais bon. C’est triste. C’est scandaleux. C’est horrifiant. Mais le cancer du Néné, ce n’est rien de moins que ça.)

Et puis parce que fleurissent, ici et là, de fantastiques initiatives, pleine de dignité et de respect pour mes consoeurs. Comme celle-là par exemple :

3 JEUNES AMÉRICAINS CONTRE LE CANCER DU SEIN

(Quel dévouement ! Quel altruisme ! Quel imagination débridée ! Je suis joie à l’idée de voir ce que ces garçons vont mettre en place comme action à l’occasion du mois bleu, savez, en mars, le mois de la sensibilisation au cancer colorectal… )

Alors, un peu dépitée, je me rabats sur la presse médicale, et je tombe sur ça :

LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN

J’allume ma ch’tite radio, et j’entends ça :

FRANCE INTER LE TÉLÉPHONE SONNE

Le seul souci, c’est qu’avant, j’ai lu ça :

NO MAMMO

et puis qu’ensuite, je tombe sur ça :

MARTINE BRONNER

et ça :

ATOUTE.ORG

et ça :

DOCdu16

(entre autres)

Inutile de vous dire ce que j’en pense : si vous lisez les commentaires laissés de ci de là sur ces liens par une certaine Pernelle44, vous serez à peu près fixés. Bon, et pis heureusement, chuis pas toute seule à être escagassée : Ma vie en vrac sans tric sélectif

Alors même si il fait incroyablement doux en cette veille de Toussaint, qu’octobre est aussi le mois des champipi, des châtaignes et des lumières blondes tissées entre les bans de brume, oui, je grizzlise. Et attends avec impatience le mois de… novembre. Quoique… Celui là, on lui a collé la prostate aux fesses. Mais bon… Là, moins de risques. Le symbole du masculin, du coup, ce n’est qu’une p’tite moustache.. Au lieu de poitrines à l’étalage, on a de la bacchante à gogo. Comme c’est étrange, dès qu’on veut « défendre » une cause féminine, on placarde nénés ET foufounes (oui oui Foufounes ) pour soit disant « faire des campagnes « choc ».

Mouarrff… Des Benéttons à la ramasse quoi (1993 !)  , mais très misandres, comme de bien entendu…

Tant pis les filles. De toute façon, vous n’avez qu’à exiger le « pendant » masculin à chaque fois que vous vous désapez…

 

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  5 comments for “Le canardage des marronniers

  1. octobre 24, 2013 at 5 h 25 min

    On peut donc avoir eu un cancer du sein et avoir un cerveau qui continue à fonctionner. A lire certaines égéries de la kermesse rose, on finirait pas en douter. Merci pour la cause des femmes !

  2. Iris
    octobre 24, 2013 at 21 h 09 min

    Je n’ai pas de lien d’intérêt si ce n’est de lire depuis quelques temps son blog. Marre du rose, du dépistage organisé, des lobbys en tout genre pour nous faire croire que l’on va guerir… tout cela pour dire que le rose n’est pas rose, qu’après la cancer du sein et tout ce qui va avec, un autre crabe post radique a pointé sa gueule sous la prothèse… Alors NON ce n’est pas rose et Oui je m’en passerais bien…

  3. octobre 24, 2013 at 21 h 21 min

    (Lien d’intérêt : je suis cité dans le post )
    Génial ! Heureusement que Pernelle est là pour rappeler aux Octobre Rose de tout poil que le cancer du sein n’est pas une vallée de roses cultivée par Estée Lauder et jardinée par big pharma. Souvent une vallée de larmes et pas seulement pour celles qui ont un cancer.
    Rachel Campergue a permis de rendre visible le combat des femmes qui refusent d’être assimilées à des poupées Barbie octobrisées pink.
    Merci encore pour les hommes qui se sentaient seuls et qui ne demandent qu’à disparaître du paysage médiatique.
    Continuez !

  4. octobre 24, 2013 at 21 h 22 min

    Magnifique, euhhh juste -il manque doudous- c’est pour la science, il faut être précis! mb

  5. Megavivi
    octobre 25, 2013 at 21 h 23 min

    Tu as tout dis Hélène et moi le rose je n’en PEUX PLUS. !!!!!!! Fausses infos, enrubannage guimauve de notre saleté de crabe. Banalisation de la maladie, comment s’étonner que nos proches nous considèrent comme guéries et nous laissent en plan comme après une tite grippe !! Bisous et merci pour tout ce que tu écris… moi je pense tout pareil mais je n’ai pas ton talent alors je te laisse faire et je partage car moi aussi j’ai un sale caractère et j’en ai marre qu’on nous prenne pour des truffes

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