Chère France : bilan de santé

France-malade-1J’adore la politique. Les débats. Les idées qui se télescopent, s’empoignent, se rejoignent, se complètent.  Les périodes électorales au cours desquelles se fissure un peu la sinistre indifférence ou le fatalisme  des citoyens désabusés. Cela m’émeut toujours de toucher ce petit bout de papier, de le glisser dans l’urne et de rentrer à la maison, le devoir accompli (car c’est bien un devoir, mais de ceux que l’on accomplit le coeur allègre. Un privilège que seuls les nantis de la sphère républicaine, inconscients de leur veine, boudent lamentablement).

C’est l’heure pour les gouvernants des bilans, de la confrontation des effets d’annonce, de la com à tout va, avec la réalité du terrain ; le moment du retour sur la scène de la voix d’un peuple, qui, si le pouvoir n’a pas eu la prudence  de l’écouter chanter sa détresse, dans la rue ou ailleurs, peut à nouveau tenter de se rendre audible au creux de son petit isoloir…

En matière de santé, au risque de me répéter, le moins que l’on puisse dire, c’est que le tableau n’est cette fois-ci pas jojo. Mais vraiment pas hein. Certes, la droite, au pouvoir depuis…Pfiou!…1995, n’a pas l’exclusivité des conneries monumentales commises dans le domaine, loin s’en faut, mais là… Là, ce dont on parle depuis ces dernières années, ce n’est plus de l’ordre de la bêtise, de la boulette,  mais bien de la programmation froide et calculatrice du démantèlement de notre système de santé solidaire. Et qu’on ne vienne pas me rabattre les oreilles avec le trou de la sécu, l’impérieuse austérité, la criiiiiiiise. Question économies sécu, il y a moult mesures de bon sens à prendre avant d’aller taper directement dans le porte-feuille des patients (déjà largement taxé sur leurs bulletins de salaire soit dit en passant). Mais voilà. Les lobbyes, la philosophie du chacun pour sa gueule avec sa p’tite mutuelle, la haine du service public, le copinage politicoindustriofinancier incitent à emprunter des chemins différents, où le vilain citoyen fraudeur possède le dos le plus large du mondedelagalaxiedelunivers, où la crise financière (bah d’où qu’elle vient celle-là???) laisse les dociles moutons bêler timidement contre la perte inéluctable d’un système protecteur parce qu’on leur fait croire que sans ces sacrifices, c’est la bergerie toute entière qui va leur tomber sur la trombinette, où…

Bon, j’arrête. En tout cas, vous l’aurez compris, des chemins qui n’ont pas eu l’heur de faire battre mon coeur citoyen et qui, socialement  et financièrement parlant, m’ont fait largement préférer mon cancer 2002 à mon crabus 2010. Pour une récapépète sur le thème bien balancée, vous trouverez ci-dessous un article de Christian Lehmann qui explique clairement pourquoi  je ne suis pas tombée en amuuuuur de notre dernier souverain…

Cinq ans de sarkozysme… et un système de santé à terre

Par CHRISTIAN LEHMANN

Jeudi 19/04/2012, Libération

Dès 2005, au ministère de la Santé, agissant en back-office de Philippe Douste-Blazy, Xavier Bertrand, ancien assureur chez AXA, organisait entre les syndicats médicaux les plus réactionnaires et l’Assurance maladie new-look une convention surchargeant les généralistes de travail administratif sans même leur octroyer les moyens de payer un secrétariat, désespérant leur relève éventuelle, hâtant leur disparition. En échange d’un «parcours de soins» transformé en labyrinthe tarifaire, ces syndicalistes obtenaient l’élargissement des dépassements d’honoraires des spécialistes et la mise à mort de l’option référent, seule avancée financière et conceptuelle de la médecine générale en vingt ans. Dans le même temps, à l’hôpital, se mettait en place, au nom de la culture du chiffre, la tarification à l’activité. Les vieux atteints de pathologies lourdes nécessitant trop de «temps soignant», devaient être refoulés de l’hôpital pour équilibrer les budgets. Déjà pénalisés par l’usine à gaz de la convention 2005, les patients subirent dès 2007 les franchises, lubie sarkozyste. «Y a-t-il une seule assurance sans franchise ? C’est la seule façon de res-pon-sa-bi-li-ser les patients.»Responsabiliser les cancéreux, les diabétiques… LIRE LA SUITE

 

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