Remise en selle

tortue10/10/2011, La Pernelle

T’a y-est ! La tortue a réussi à se remettre à peu près à l’endroit. Diantre qu’il tangue le monde quand votre carapace a décidé d’avaler votre cervelle et de faire de vos gambettes des antennes aériennes !. Ok d’accord. Je ne suis pas complètement redevenue une grande fille : aux aurores, j’avance toujours à deux à l’heure, fourbue comme une octogénaire après une séance de step endiablé ; je rouscaille encore après les hémicrânies, les crampounettes, les comptages de moutons et l’asthénie que me prodigue généreusement mon cheeeeeeeer tamoxifène  (mon meilleur copain pour la vie !) ; et il me faut encore me droguer sévèrement pour entrapercevoir un ou deux bisounours au réveil… Mais le gros chagrin existentiel ne me tient plus la jambe 24h/24h et j’arrive même à glousser de temps en temps, ce qui n’est pas une mince affaire après 4 mois d’aller-retour entre la joie de vivre de Caliméro et  le dynamisme de Droopy !

Certes, les cabrioles nodulesques et kystiques de la fin du printemps n’ont pas contribué à ma zénitude, mais rendons à César ce qui appartient à César : c’est bien mon petit myocarde sentimentalo-romantico-grotesque qui m’a fait grimper sur l’immense toboggan dépressif. Il n’a alors fallu qu’une petite pichnette de crabus (ou acolyte) et deux ou trois estafilades mesquines pour que la dégringolade s’amorce. Les désillusions amoureuses sont parfois plus dangereuses que tous les cancers du monde.

Côté cœur donc, je rafistole grossièrement les bobos avec les moyens du bord ; l’hémorragie m’a laissée exsangue mais je suis en phase de coagulation.

Par contre, côté merveilles féminines, j’ai été plus que gâtée, et ce, malgré mon silence de carpe indéboulonnable. J’ai reçu tant de messages, de visites, de cartes, de lettres, de coup de fils de  nanas formidables qu’il fut rare que je passe une seule journée depuis fin mai sans avoir une petite bouée à laquelle me raccrocher. Mes copines de pas d’chance  sont pugnaces et infiniment généreuses. Je ne les remercierai jamais assez.

Merci aussi de tout cœur à Anne Bridel, responsable de l’ERI du centre Eugène Marquis, à Catherine Bohec, coordinatrice du réseau oncobretagne et Françoise Sellin, coordinatrice générale du Ruban de l’Espoir, de m’avoir si chaleureusement  invitée et accueillie pour l’étape de Rennes la semaine dernière. Ce fut encore l’occasion de magnifiques rencontres, d’échanges fructueux, touchants ou malicieux.  Vous faites toutes les trois un boulot fantastique, le sourire aux lèvres et ce, malgré l’abondance des vents contraires… Que vos petites et grandes victoires à venir sur l’ignorance et l’indifférence soient aussi nombreuses que les efforts que vous déployez au quotidien pour les patientes…

Côté crustacé, rien ne bouge sur les radars : un scanner en août, une irm en septembre, une écho en octobre, et …….. rien, nada, que d’chique. Un sans faute, sans tâche et sans ovni ! Le bonheur !!!!

Je n’ai plus qu’à passer l’examen aussi brillamment  mercredi prochain pour les résultats d’oncogénétique  et je serai en vacances crabesques jusqu’en janvier, date du prochain check-up. Ce serait trop chouette que je n’ai pas à me demander si je me sens cap ou non de virer le néné rescapé et l’ovaire sursitaire  (chez moi,, à gauche, genoux, ovaire, hanche, sein, bras, épaule, tout est égrotant. Pouuuurvou ké la mia  cervela ne soa pa contaminada : ça mé feré soué dé finir  par awoir oune penchante à droate dé cé côté là ossi !!!), ce serait bath de ne pas avoir à affoler toute la gente féminine de la famille (déjà bien assez sur la brèche comme ça). Ce serait même épatant de ne pas avoir le moindre nouveau petit tournicotage de ciboulot avant ma reprise . Car oui oui oui, normalement, mon doc m’autorise à faire un galop d’essai dans la formidable arène professionnelle après Thanksgiving, en mi-temps thérapeutique. Enfin… On dira à moitié « thérapeutique », car comme d’hab, dans l’état actuel des choses, mon emploi du temps n’est pas tout à fait conçu pour les crabahuteuses souffreteuses : pour 10 malheureuses heures de cours,  programmation de 5 aller-retour boulot-dodo sur la semaine et, of course, je dois être sur le pont à 8h tapantes tous les matins. Vu que je vis à 40 bornes de mon bahut et que je devrais  faire vrombir Titine exclusivement aux heures de pointes, j’aurai donc autant de temps à consacrer au macadam qu’à mes chères têtes blondes. Mais bon, c’est pô grave, c’est pas comme si j’avalais 3 médocs classé Niveau 2 pour la vigilance au volant tous les matins ! Oh qu’ils vont être ravis mes étudiants. Enfin une prof qui les laissera digérer leurs corn-flakes à un rythme décent, bien trop occupée à se secouer les puces pour se charger des leurs ! Je sens que l’espingouin va avoir une cote d’enfer cette année. Ça tombe bien. Le grand objectif de not’minissstre de l’EN étant de faire de nos petits moussaillons des trilingues émérites tout en leur diminuant leurs heures de langues vivantes et en les agglutinant par paquet de trente dans les salles de classe, je vais pouvoir contribuer vaillamment à l’effort de guerre !

 

Partagez

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *