Et un lapin. Un.

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26/11/2010 , La Pernelle

Il y a un an jour pour jour, je découvrais mon petit ganglion axillaire gauche. C’est con. C’est aussi l’anniversaire de ma sœur !

Hier, rendez-vous prévu depuis juin (fin de ma chimio), pour les examens de contrôle (savez, c’te consult qui fait déguerpir Morphée au moins quinze jours à l’avance de votre plumard tellement vos quenottes jouent des castagnettes à l’idée qu’on vous replonge dans les bad news potentielles).

1 heure 15 de pied de grue dans la salle d’attente de ma nouvelle onco. Un très jeune homme vient finalement me chercher. Tiens tiens. Un p’tit stagiaire ? Que nenni, mon onco a dû… s’absenter ! Gentille, elle ne m’a pas complètement plantée (ouf ! Qu’une heure de route pour rallier son cabinet !). Elle a mandaté un Bébé Doc (sûrement surdoué car vraiment vraiment jeunot) pour la remplacer au pied levé. Ce dernier, le docteur Catéchou a été adorable, très à l’écoute, auréolé d’une empathie fraîche et vivifiante, mais mes épaules n’ont pu s’empêcher de s’effondrer quand j’ai compris que c’est lui qui mènerait cet entretien improvisé. Un dossier de crabahuteuse multirécidiviste, épais comme un P’tit Robert (oui je sais, elle était facile celle-là, mais pas pu résister !), lu en diagonal, c’est peut-être un peu beaucoup, même s’il a fait des stages de lecture rapide au Japon. Et quand il s’aperçoit qu’on m’a oubliée sur le planning radiologie, ce n’est plus un affaissement d’épaules, mais une chute de bras qui me plombe :

— Passez au secrétariat prendre rendez-vous, ils vont vous programmer au plus vite mammo/écho/radio poumons et marqueurs.

Hmmmm… Avec mon ordonnance pleine de médocs déremboursés (40 € pour ma pomme, un peu mieux que la dernière en date), je me dirige donc vers le dit bureau. M’ame la secrétaire, ben elle est pas contente du tout, parce que « ils ne se rendent pas compte là-haut qu’il n’y a plus de place le plus rapidement possible ! » – et pis sans doute aussi parce que je débarque pile poil sur son heure de pliage de gaule… Chacun sa p’tite contrariété du jour !

Après tirage de cheveux, marmonnements éloquents, coups de fil aux voix lointaines mais néanmoins perceptiblement exaspérées, je décroche un rendez-vous de vrai contrôle dans deux semaines. Je n’ose même pas imaginer dans quel état je vais trouver l’heureux élu qui aura l’honneur de faire toutes mes p’tites photos N&B vu comment la dame a dû jouer des coudes pour arriver à me caser dans son planning, le 6 décembre prochain. Encore une fashion victim des plages-horaires totalement fictives du désormais habituel surbooking hospitalier. Pôôôvre de lui, pôôôôvre de moi !…

Ttte tte tte ! Te frotte pas trop les mains Morphée ! Le gentil bébé Doc, il a bien senti que tu sauterais sur l’occase pour continuer à découcher jusqu’au rendez-vous photographe. Sur l’ordonnance, il y a ton bracelet électronique à toi : un chouïa d’Imovane saupoudré d’un p’ti peu de Xanax. Ça devrait te maintenir au bercail, ça ! Non ? Enfin, heureusement, pour le transport, j’avais eu la bonne idée de ne pas faire appel à la VSL (bien qu’en ALD et épuisée par mon traitement actuel). J’ai pu ainsi reprendre Titine en toute indépendance sans avoir à subir les marmonnements d’un ambulancier excédé d’avoir eu à poireauter 2 heures 30 pour une vulgaire consult en compagnie des deuz’ aut’ patients-co-voiturés mais pas ‘déclarés’

J’ai pu ainsi rentrer dans mon sweet home, la tête remplie de cette solitude écrasante post-contrôle, pour attendre tranquilou les coups de fil qui ne viendraient pas et que je m’étais juré-craché de ne pas attendre mais que j’ai attendu quand même. Merde ! Et si j’avais eu un vrai contrôle… avec une vraie mauvaise nouvelle… Je me serais retrouvée comme ça ? Toute seule avec un quatrième crabus sur les bras ?

Allez, j’exagère, une de mes trois Grâces était sur le coup quand même. Ainsi que mes copines Impatientes.

La petite planète a repris sa ronde ma vieille. Dans la tête de tous, t’es guérite ! Comme il y a huit ans. Comme il y a deux ans. Alors fait pas chier avec tes craby-blues à la con ! Tout ce qui compte, c’est qu’il n’y ait pas de bad news, non ?

— Oui, mais y a pas eu de contrôle non pl………

— Chhhhut, c’est bon là ! Rendez-vous le 6. Il sera toujours temps de chialer à ce moment-là si le cœur t’en dit. Là, tout de suite maintenant, t’as la soupe à préparer, des risettes à faire à tes deux babous et deux tournées de lessives à étendre…

 

 

 

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