Yeux secs, pleureurs, larmoiement permanent

crocodile-tearEn cours ou en fin de chimio, il arrive que les yeux se transforment en véritable fontaine ou au contraire, qu’ils soient secs et douloureux.

J’ai entendu plusieurs médecins me dire que le phénomène « fontaine » était dû à la disparition des cils… C’est FAUX… Il débarque en effet souvent de façon concomitante avec la perte de ces derniers, mais si la perte de ce petit parasol intégré n’arrange pas la sauce, ce n’est pas la cause de vos larmes de crocodile.

Pour les yeux secs, l’application régulière de collyre peut effacer la gêne. (voir ophtalmo : refresh collyre)

Pour l’option fontaine, ils existent des pistes que voici :

Larmoiement permanent

Après ma dernière cure de taxotère, j’ai commencé à souffrir de larmoiement permanent :  invalidant pour la lecture, la conduite, tout travail de précision (Le phénomène était amplifié par le grand air, ce qui rendait toute petite balade redoutable). Agaçant et pour finir douloureux (peau du visage extrêmement irritée).

Quelques petits trucs pour essayer d’écourter cette petite blague, souvent totalement ignorée par nos toubibs sous prétexte « qu’elle passe »

Mécanisme:

canal-lacrymalLe liquide lacrymal : Il est produit en permanence par les glandes lacrymales et se répand de façon uniforme à la surface antérieure de l’œil.
En temps normal, il s’écoule par le canal lacrymal jusqu’aux fosses nasalesoù il est éliminé dans l’air sous forme de gouttelettes microscopiques durant le processus de respiration.
 Mais dans certains cas (pathologiques, traitements chimio ou plus généralement émotionnels) la sécrétion lacrymale est trop importante et les voies naturelles sont alors saturées et n’évacuent plus l’excès de sécrétion. Les fosses nasales ne peuvent plus pulvériser le surplus de liquide, il s’écoule du nez et de l’œil finissant sa course sur le visage . Le larmoiement peut être déclenché par deux mécanismes: une surproduction de larmes ou un blocage du système de drainage. Il arrive que les deux mécanismes se conjuguent. Les larmes sont produites par une multitude de glandes présentes dans les paupières. Le drainage des larmes s’effectue grâce à deux petits trous présents sur le bord de la paupière supérieure et inférieure du côté nasal. Quand l’œil cligne, les larmes sont pompées par de petits tubes qui se déversent dans le sac lacrymal, sous la peau, dans le coin nasal de l’œil; de là, les larmes sont déversées dans la cavité nasale

Obstruction du canal lacrymal : traitements

-       Compresse stérile chaude à appliquer plusieurs fois par jour

-       Nettoyage à l’eau de bleuet

-       masser avec le petit doigt en partant du coin intérieur de l’oeil jusqu’au milieu de la joue (suivre la « cerne« ) pendant 2 mns – 3 / jours.

-       Il suffit parfois d’une goutte de citron dans l’angle interne de l’œil pour rétablir la situation. Cela pique énormément, mais cela ne dure pas longtemps. Pour les courageuses.

Chez l’ostéopathe :

-       Une ou deux séances d’ostéopathie suffisent parfois. Ça vaut le coup d’essayer.

Chez l’homéopathe :

-       ARGENTUM NITRICUM 7 CH
3 granules 3 fois par jour ( 15 mn avant le repas ou 1h apres)

Chez l’ophtalmologiste :

Une irrigation avec un petit tube permet de voir où se trouve le blocage. Le diagnostic est relativement aisé : après avoir mis une goutte de colorant dans un œil, on demande à la personne de se moucher : normalement, le colorant devrait se retrouver dans le papier-mouchoir ; sinon, le conduit lacrymal ne laisse pas passer les larmes. 

Le traitement est aussi simple mais parfois désagréable (désagréable, pas douloureux) : après avoir anesthésié (goutte) le point lacrymal (début du conduit lacrymal) et dilaté le point lacrymal avec un dilatateur, à l’aide d’une toute petite aiguille, dans le coin interne de l’œil, on irrigue de la solution saline dans le conduit nasolacrymal afin d’éliminer l’obstruction. 
La cavité nasale peut aussi être examinée pour vérifier l’endroit du blocage.

-       Il arrive que des gouttes avec des stéroïdes, des antibiotiques ou une simple pommade ophtalmique à la vitamine A (« Vitamine A dulcis » est remboursée si prescrite mais est en accès libre pour environ 5€ en pharmacie si le délai ophtalmo est longuet) parviennent à soulager les brûlures et endiguer le flot lacrymal. La pommade se pose la nuit, car elle trouble la vision.

-       Si ces premiers gestes ne produisent  pas d’effet, en dernier recours, on peut créer chirurgicalement un nouveau canal pour le drainage des larmes dans la cavité nasale. (pose de sondes) mais c’est encore une anesthésie.

Petit détail administratif : c’est une consult de plus, un forfait de plus, donc n’oubliez pas de rappeler à votre ophtalmo que cette consultation, ainsi que les éventuelles ordonnances, rentrent dans le cadre de l’ALD (effets secondaires lié à un traitement d’affection exonérante)

Comme je n’avais aucun de ses petits trucs en poche (mon onco se contentait de dire que cela allait passé –pas tort le bougre, mais un p’tit accélateur, deuz-trois conseils, ça mange pas d’pain quand même !-), cet EMMERDEMENT continu, quotidien a duré près de trois mois.

En attendant les améliorations, pensez à hydrater la peau du visage et à la protéger. Ces écoulements de larmes intempestifs, en plus d’être agaçant et handicapant, agressent la peau, déjà fortement fragilisée par la chimio.

 

 

 

 

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  2 comments for “Yeux secs, pleureurs, larmoiement permanent

  1. Crocotaxotere
    avril 4, 2016 at 8 h 38 min

    Merci beaucoup pour toutes ses infos! Et ça marche!!! Mon onco aussi me disait on peut rien faire ca va passer c est à cause de la chimio et du manque de cils… Mais effectivement grâce à la vitamine a, un peu de corticoïdes locaux en cure courte, des massages du conduit lacrymal avec des compresses chaudes, et de l’eau de bleue pour soulager les paupières ttes gonflées c est parti en 1 semaine alors que la dernière fois ca avait duree les 3 semaines de la cure… Quel soulagement! Sont marrant les oncos, ok c est pas grave mais c est hyper invalidant! Merci encore!!

  2. marianna
    juin 15, 2016 at 16 h 50 min

    Bonjour,
    Quel bonheur de trouver ce petit article sur le larmoiement excessif . Il dure chez moi depuis plus d’un mois. Je suis en chimiothérapie (Halaven) et ça coule sans arrêt , pire quand je suis dehors. Marre d’entendre mon oncologue me dire que ca doit être mon maquillage et que ce n’est pas dans les effets secondaires de Halaven . Je vais donc essayer ces conseils, en espérant que ca finira par passer. En tout cas merci pour ce billet et également à la personne qui a écrit un commentaire , ça me laisse un espoir car je pensais que ca n’allait peut être jamais s’arrêter . Un grand merci.

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