Mes trois Grâces

mainsUn p’tit mot pour vous mes « trois Grâces », mes indéfectibles, mes inamovibles.Voilà, on y est. Dans la « fin de tempête ». Cela ressemble à des soirs comme celui-là. Une journée chargée de crabus. Mes indéboulonnables bobos en toile de fond, ma chape de fatigue. Une opération dans la matinée (certes anodine, mais ô combien symbolique !). Une nouvelle auscult, des nouvelles questions, encore et encore… La présence de l’une, les coups de fil de l’autre, les mails de la doyenne qui réceptionne sa crabahuteuse demain.

Et puis, le silence strident du téléphone, le vide sidéral de la boîte mail. Emportées dans l’tourbillon d’la vie, passées à autre chose, happées par leurs emmerdes, leurs bonheurs, la course folle de leur trotteuse les z’autres chères à mon cœur. Pas d’amertume ici. C’est normal. Faut être fêlées pour suivre c’te chemin de Compost’elle. J’ai sûrement, nous avons toutes sûrement, à un moment ou à un autre de nos vies, été cette voix absente, cet expéditeur oublieux, pour quelqu’un, quelque part. C’est humain…

Je sais que cela ne vous coûte aucun effort, que vous n’êtes pas près de moi parce que je suis malade, mais parce que je suis votre amie, celle de vos galères, de vos chagrins, de vos fous rires, de vos coups d’coeur. C’est bien là d’ailleurs ce qui a si fréquemment maintenu ma tête de piaf hors de l’eau : que vous m’ayez laissé ce qu’on retire si souvent aux crabahuteuses, le bonheur d’être restée une épaule, une confidente, une source de déconnade, une partageuse de chocolat, une révolutionnaire dans l’âme, une hyperactive têtue… Moi… Mais cette nuit, j’ai besoin de vous dire combien de souffrances vous m’évitez mes z’amies, quel bonheur c’est que de vous avoir dans ma vie. La cadette m’a laissé un p’tit mot, mi-joueuse, mi-solennelle, aujourd’hui. Je lui ai répondu, mais c’est à vous trois que s’adresse ce message, à chacune d’entre vous.

« Ma douce, si douce cop, frangine de tous les combats, teneuse de bassine, gardeuse d’enfants, coursière de pharmacie, laveuse de carrelage, ambulancière au-pied-levé, complice de ratiboisage de crinière, rayeuse de coup de blues, lampion de fiesta au milieu des champs de ruines, point n’est besoin de te les décrire nos misères, tu les connais par cœur, trop, depuis des années que tu caracoles à mes côtés. Bien sûr que tu n’envies pas mes misères… Non, ce que tu m’envies, c’est la richesse qu’il y a de l’autre côté de cette médaille schizophrène : les essentiels qui s’imposent, l’élagage du superflu, la transparence des cœurs qui se soulèvent, qui s’effondrent, implosent, explosent, la chaleur de nos échanges, leur fluidité, leur spontanéité. Mais ma z’amie, tu fais partie de ces bienheureuses qui n’ont pas besoin de traverser ces carnages charnels pour être détentrice des trésors qui viennent emplir la besace de certains crabahuteux… Tu a fait ta cueillette dans d’autres souffrances, dans d’autres combats et tu n’as rien, rien à nous envier. Je le sais moi. PAR COEUR. »

 

Votre Pernelle

 

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