Cancer du sein: reconstruction immédiate et radiothérapie font mauvais ménage

 

rt.JPGPARIS, 23 septembre 2010 (APM Santé) – Après une mastectomie, les femmes ont une chance sur deux de présenter des complications nécessitant un retour sur le billard si elles combinent reconstruction immédiate et radiothérapie, confirme une étude américaine publiée dans les Archives of Surgery.

La mastectomie, ou ablation du sein, permet de traiter chirurgicalement certains cancers du sein, en particulier les tumeurs les plus grosses (supérieures à 3 cm) ou celles qui se présentent en plusieurs foyers.

Lorsque la reconstruction du sein est possible et souhaitée, elle se fait soit de manière immédiate, c’est-à-dire en même temps que l’ablation, soit de façon secondaire lors d’une deuxième opération chirurgicale. La reconstruction est ainsi généralement décalée de six mois à un an lorsqu’une radiothérapie est envisagée, car les radiations modifient la qualité de la peau.

Chez les femmes atteintes d’un cancer de stade précoce, les fréquences des mastectomies, de la reconstruction immédiate et de l’irradiation post-mastectomie ont augmenté, pointent Dara Christante, de l’Oregon Health and Science University à Portland, et ses collègues.

Les chercheurs ont analysé les facteurs de complications survenant après une mastectomie auprès de 302 Américaines ayant subi une ablation de leur sein lors du traitement d’un cancer du sein. Parmi elles, la moitié (n=152) ont bénéficié d’une reconstruction mammaire, qui a été immédiate dans 131 cas.

L’irradiation après mastectomie et la reconstruction immédiate sont apparues comme des facteurs indépendants fortement associés à la survenue de complications. En effet, une radiothérapie après une mastectomie triplait le risque de retour non programmé en salle d’opération, tandis que la reconstruction immédiate multipliait ce risque par huit.

Chez les femmes combinant ces deux facteurs, pratiquement une sur deux devait à nouveau être opérée, contre seulement 7% de celles recevant une radiothérapie post-mastectomie mais sans reconstruction immédiate.

Dans cette étude, 20% des femmes dont le risque était évalué comme suffisamment faible pour permettre une reconstruction immédiate ont dû, à la lumière des rapports pathologiques finaux, subir une radiothérapie, notent les auteurs. Ils soulignent alors la « nécessité d’une stratégie qui améliorerait la prédiction [du recours à] la radiothérapie ».

A l’inverse, d’autres femmes ont été dissuadées d’une reconstruction immédiate en raison d’un risque surestimé de radiothérapie. Dans cette étude, 22 patientes ont différé la reconstruction mammaire en raison du risque de radiothérapie, bien que 12 de ces femmes, soit 55%, n’aient finalement pas eu besoin de radiations, commentent les chercheurs. /tn/ar

(Archives of Surgery, vol.145, n°9, pp.873-878)

jeudi 23 septembre 2010 – APM-Santé - 

Source : oncauvergne

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