Chimio médiévale

Orage2002 :

Arrivée à la troisième cure de FEC100, le centre qui me suit (débordé) me demande si je vois un inconvénient à effectuer les trois dernières cures dans un autre centre partenaire, situé à une distance équivalente de mon domicile. Je n’y vois aucun inconvénient et accepte donc.

Lors de ma quatrième cure, dans ce nouvel établissement (qui vient d’ouvrir son service chimio), m’attendent quelques surprises :

-       Au lieu d’être prise en charge dans le service spécifique, on m’envoie au laboratoire d’analyse du centre pour effectuer ma prise de sang. Il me faut faire la queue comme tout le monde derrière bambins, mamans en instance de l’être, messieurs râleurs et pressés : 1h30 d’attente avant de repartir avec mes résultats sous le bras…

-       Dans le service chimio, pas de chambres, ni même de box individuels. Une salle de soins collective, équipée de quatorze fauteuils placés en rang d’oignons, où les bips des machines qui signalent la fin des perf perceront mes tympans pendant les 3H30 de branchement.

-       La « consultation » avec mon nouvel « oncologue » (un gastro-entérologue du centre) ne se fera pas dans son bureau, mais… devant les 13 autres patients ! Parlez de ma dernière fissure anale, de mes vomissements intempestifs ou de mon aménorrhée devant mes acolytes m’a paru tout à fait infaisable et entendre mes camarades débiter, désespérés et confus, leurs misères respectives m’a proprement mis le cœur à l’envers (si je ne savais pas encore ce qui m’attendait, là au moins, j’étais fixée !)

-       L’heure de mon débranchement, malheureusement, coïncidait avec la pause déjeuner du personnel. J’ai donc dû patienter. C’est mon ambulancier, qui étonné de me voir coincée là toute seule, outré, est allé chercher une infirmière par la peau des fesses au réfectoire pour qu’on vienne me libérer.

-       La malheureuse, privée de dessert, est arrivée affolée en me disant qu’on « m’avait oubliée ». Elle s’est précipitée, toute bonne volonté dehors, sur ma chambre implantable. J’ai dû cependant repousser son ardeur, ne la voyant ni se désinfecter les mains, ni enfiler de gants avant de toucher cette zone si dangereuse….

Je suis repartie chez moi, nauséeuse, effarée, et à peine rentrée, ai pris le temps entre deux vomissements de rappeler le centre qui me suivait précédemment pour leur dire que je revenais chez eux pour la cinquième cure. La secrétaire, récalcitrante, m’a annoncé que ce serait difficile. Je lui ai raccroché au nez en lui disant très calmement que dans le cas de figure où cela me serait refusé, j’arrêterais  immédiatement les traitements. 2h plus tard, mon ancien oncologue m’appelait personnellement pour me réintégrer dans ses troupes.

 

 

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