Alcatraz, quadra et future laitière

bocal14 mars 2010, La Pernelle

J’ai été très flemmarde ces derniers temps, côté tapotage de clavier, mais il faut dire que je l’ai été de manière très globale, le dernier cocktail chimique ayant eu de grandes vertus soporifiques et ayant généré des petits bobos qui m’ont donné un emploi du temps de Ministre de la Santé.

Les rares moments qui n’étaient pas consacrés aux salles d’attente de France et de Navarre, à l’intendance de la maison et aux tracasseries administratives, je les ai éhontément dédiés à mon plumard préféré !

Il est grand temps que je remette un petit mot car ils me rebranchent en mode marmotte-gerbigerbeee dès mardi prochain. J’espère que je retrouverai la chambre 4 étoiles de la première cure, car pour la cure n° 2, je me suis retrouvée dans un box sordide de 2,50 m x 2 m pour cause de sureffectif chez les chimiothérapés : disparus lit cosy, jolie télé, papouilles de la socio-esthéticienne, beaux tableaux… zénitude. Fini le luxe de la fine fleur hospitalière : espace de Lilliput, fauteuil du troisième âge, en excellent état de fonctionnement mais impossible à régler pour cause d’exiguïté (!), porte en verre donnant directement sur le bocal (en verre lui aussi) réservé aux infirmiers, donc animation garantie entre le ballet des soignants, des patients et des familles des patients qui convergent tous vers ce centre névralgique. Il ne manquait qu’un distributeur de cacahuètes à l’entrée de mon antre, exposée à tous les regards de ceux, désoeuvrés, qui n’avaient d’autres perspectives à contempler que mon Alcatraz privé !

J’ouvrirai bien sûr le bal de l’entretien pré-chimio avec le Dr Molotov sur la négociation de mes conditions de détention, histoire de le mettre tout de suite de bonne humeur ! Je considère en effet que j’ai rempli mon quota de participation à l’effort de guerre et je compte bien lui faire comprendre que les meilleures blagues sont toujours les plus courtes… Ben vi, c’est ça de vouloir soigner des chieuses, ça demande un immense self-control et une vocation inébranlable !

Malgré toutes ces misères, j’ai quand même pu entrer vendredi dernier dans le club des quadragénaires tout en douceur, entourée de ma petite garde rapprochée. Festin, cadeaux, accordéon, convives : une vraie bulle intemporelle d’amnésie régénérante ! Mon grand dadais de Tom a même pu assister et participer activement à sa première mise au monde lors de ce mémorable passage des 40es rugissants : une jolie génisse, future laitière de la Ferme de La G. Elle est en effet venue au monde au milieu de nos agapes. Souhaitons tous à cette petite créature d’avoir un destin mammaire entièrement dédié à la voie lactée, car il serait fort dommage qu’elle suive l’étoile nénesque de sa marraine d’un soir !

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