Étude sur les répercussions du cancer sur la vie professionnelle

 

travail

Les résultats d’une étude sur les répercussions du cancer sur la vie professionnelle, soutenue par l’INCa et l’ARC

(16/06/2010)

Coordonnée par Bernard Asselain (Institut Curie), cette étude* a été initiée à la suite d’un appel à projets de recherches INCa-ARC en Sciences Humaines et Sociales. Elle évalue les difficultés rencontrées par les salariés atteints de cancer lors de la reprise de leur activité professionnelle afin de pouvoir les anticiper et proposer des solutions adaptées. Les résultats en ont été présentés le 11 juin lors d’une conférence de presse organisée par l’Institut Curie.

Pour cette enquête, lancée en 2008, 82 médecins du travail volontaires ont collecté des informations auprès de 402 salariés en Ile-de-France (240 femmes, 162 hommes) ayant eu un diagnostic de cancer en 2005 et 2006. Leur âge moyen est de 49 ans. La principale localisation est le cancer du sein (36%), suivi par celui de la prostate (10%).

27% des salariés ont poursuivi leur activité professionnelle au cours des traitements, le plus souvent avec des aménagements d’horaires et/ou de poste. 50% travaillent six mois après la date du diagnostic et, globalement, huit salariés sur dix retravaillent après un cancer : 84% des femmes, 73% des hommes. Cette reprise est en moyenne plus tardive chez les femmes, essentiellement en raison de la durée prolongée des traitements adjuvants dans le cancer du sein.

Cette population apparaît cependant particulièrement fragilisée :

•                61% des salariés se sentent plus fatigables (68% après un cancer du sein) ;

•                14% ressentent des douleurs (35% après un cancer du sein) ;

•                21% se disent gênés dans leurs mouvements (35% après un cancer du sein du fait du curage ganglionnaire) ;

•                33% signalent des troubles de la mémoire et de la concentration (45% après un cancer du sein, vraisemblablement en raison                  des chimiothérapies) ;

•                41% ont des troubles du sommeil (49% après un cancer du sein) ;

•                38% prennent des psychotropes (46% après un cancer du sein) ;

•                35% des femmes ayant eu un cancer du sein recourent à un soutien psychologique contre 20% des hommes ;

•                29% ont un score d’anxiété ≥ 11 (10% dans une population de salariés du secteur tertiaire) ;

•                20% des salariés disent avoir été pénalisés à cause de leur maladie ;

•                10% ont eu des changements d’activité.

Médecin du travail et co-auteur de cette étude, le Dr Hélène Stakowski regrette par ailleurs que dans 92% des cas, le médecin du travail ne soit pas en contact avec les équipes soignantes.

Les auteurs de l’étude formulent plusieurs propositions :

•                sensibiliser les cancérologues à l’ « après-cancer », notamment en prenant contact avec les médecins du travail ;

•                systématiser la visite de pré-reprise (effectuée dans 24% des cas seulement dans l’étude) ;

•                promouvoir un partenariat entre équipes soignantes, médecin traitant, médecin-conseil de l’assurance-maladie et médecin                      du travail autour de la reprise du travail ;

•                sensibiliser les salariés sur les difficultés spécifiques de la reprise du travail.

Répercussions du cancer sur la vie professionnelle : étude réalisée auprès de 402 salariés en Ile-de-France. M. Sevellec, MF Bourillon, S. Le Bideau, H. Stakowski, N. Le Peltier, E. Morvan, L. Belin, B. Asselain

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